Litt. franc, au m. a., 2^ édition, p
nous serions trop puritains de nous en offenser, comme fît M'"'' de Grii^nan. M'"*' de Sévig-né, qui cite les Contes à plusieurs reprises, n'écrit-elle pas à sa fille, mariée depuis deux ans seulement : « Ne rejetez point si loin les nouvelles œuvres de La « Fontaine. Il y a des fables qui vous serviront et des contes qui (( vous charmeront : la fin des Oies de frère Philippe, les « Rémois, le Petit chien, tout cela est très joli. Il n'y a que ce « qui n'est point de ce style qui est plat ^. » Encore faut-il considérer qu'autre chose est la lecture solitaire, à huis clos, d'un conte gras, autre chose la récitation publique, dans une fête, devant des hommes et des femmes assemblés. Par exemple nous nous figurons malaisément que l'année qui suivit cette lettre de M'"^ de Sévigné (1672), le soir où le vieux Corneille lut Piilchérie chez le duc de La Rochefoucauld, La Fontaine ait pu y produire, entre deux actes, par manière d'intermède, devant M"^*" de Sévigné, devant la jeune M"'^ de Nemours, devant M'"'^ de La Fayette, M'"*^ de Thianges et M'"^ de Coulanges, le conte des Lunettes.
Le XHi^ siècle était moins chaste ou, si l'on veut, moins prude. Certes, la charmante Lyriope du roman de Rol^ert de Blois '^, qui est le parangon de la civilité puérile et honnête de l'époque, qui sait, selon les règles de l'éducation courtoise, apprivoiser éperviers et faucons, jouer aux échecs et aux tables,
Chanter chansons, cnvoisëures.
Lire romans et conter fables,
serait incapable de conserver, dans ce répertoire de fables, le Prestre et le mouton du jongleur Ilaiseau 3. Nous voulons bien encore négliger, comme personnages imaginaires, les joyeuses chanoinesses de Cologne qui, au bain, demandent des contes au jongleur Watriquet Brassenel : « Dis-nous, lui demandent-elles.
Des paroles crasses et doilles.
Si que de risées nous moilles '. »