‹ Les fabliauxChapitre 197 sur 257 · MR, V · texte numérisé non relu

MR, V

Voici pourtant une série de textes explicites, où les jongleurs s'adressent à des femmes, qui sont là, devant eux, tandis qu'ils récitent des fabliaux non point légers, grivois, — mais ignominieux.

L'un termine, en ces termes, le récit d'un songe odieusement déshonnête :

Ainsi tourna le songe à bien.

Autressi face a moi le mien, El a ces dames qui ci sont K

L'autre s'adresse à son auditoire, au début du fabliau de la Maie dame, dont je ne puis citer le titre in extenso :

...Seigneur, Oez une essample petite.

Et les dames, tout ensement, I rcpreguent chastiè'ment...

Est-il possible d'imaginer un conte j^lus réj^ugnant que le Pêcheur de Pont-sur-Seine'! En voici les derniers A^ers :

Se dames dient que je ment, Soufrir le vueil, atant m'en tais.

De m'aventure n'i a mais 2.

Trois meschines — et ce fabliau est une triste vilenie — se prennent de querelle au sujet d'une poudre de beauté qu'elles ont achetée en commun et que l'une d'elles a renversée. Le trouvère demande aux seigneurs et aux dames qui l'écoutent de se faire les arbitres de leur différend :

Seignor et dames qui savez.

De droit jugiez, sans délaier.

Qui ceste poudre doit paiier -K

Ainsi ferait Martial d'Auvergne, en un jugement de cour d'amour, pour résoudre quelque subtile difficulté de procédure sentimentale !

Notez qu'il n'y a pas un seul de ces contes que, de nos jours, un homme d'éducation moyenne et de médiocre élévation morale oserait raconter sans répugnance, je ne dis pas devant des

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