Le lai d'Aristote, v. 355, ss
8. Nous remarquons d'autres chevaliers parmi nos auteurs de fabliaux : Sire Jehan le (Chapelain, Sire Jehan de Journi. Voyez notre Appendice III.
de Folle Largece est un gracieux fabliau, un peu fade, dans la manière courtoise et sentimentale de ses deux romans d'aventures, la Manckine, Jehan et Blonde.
Ces deux contes, le lai cïAristote, le dit de Folle Largece^ nous montrent ce que durent être ces fabliaux plus élégants destinés aux classes élevées.
Ne nous méprenons pas pourtant sur le degré de retenue courtoise qu'imposait à ces personnages officiels — même à un clerc investi de fonctions sacrées, même à un chevalier jurisconsulte — leur public ecclésiastique ou seigneurial. On trouve chez Henri d'Andeli des vers bien étranges, si l'on songe qu'ils sont l'œuvre d'un clerc qui poétise pour des clercs ' , et Philippe de Beaumanoir ne dédaigne pas de dire, dans les « chambres des dames », des fatrasies, des oiseuses, ces poésies absurdes que le xviii*^ siècle cultiva sous le nom à' amphigouris :
Li châns d'une raine Saine une balaine Ou fons de la mer, Et une seraine Si em portoit Seine Deseur Saint-Omer...
Se ne.fust Warnaviler, Noie fuissent en le vaine D'une teste de sengier ^...
Voilà donc la poésie où se complaisait ce haut personnage, Philippe de Beaumanoir, sénéchal de Poitou, puis de Saintonge, puis bailli du roi en Vermandois, en Touraine, à Senlis — et qui fut un grand homme !
Mais nous n'avons affaire ici qu'à des rimeurs occasionnels de fabliaux, à des amateurs. Venons-en aux poètes de profession.