Wolf, Ueber die Lais,Sequenzen und Leiclie, p
ne dédaig^nc pas de rimer des vers français, comme les autres jongleurs, pour la joie du menu peuple :
A tous chiaus qui héent clergie,
Soit la malc honte forgie !
Por chou que li clerc me soustiennent,
Et me joiestent et retiennent,
Pour chou hé-je tous les vilains,
Qui héent clers et chapelains.
Christe^ audi nos, des nous
Qu'il aient brisié les genous î
Tu, pie Pater, de cœlis
Ipsos confundere relis !
Y a-t-il une dilFérence entre l'idéal du jongleur et celui du goliard, lorsque les vagants nous racontent leur genre de vie dans le Credo au ribaut ^ ou dans l'amusante pièce des Des, des Femmes et de la Taverne ^?
Et pour citer enfin un dernier exemple, quel meilleur type de jongleur que ce clerc qui s'est enfui de son couvent, et qui nous explique comment il a perdu au jeu de trem^erel non seulement sa chape, son manteau gris, sa cotte, mais aussi tout son bagage d'Université, « toute sa clergie, » son psautier, son missel, son antiphonaire, son Grecisme, son Doctrinal :
Mes Ovides est a Namur, Ma philosophie a Saumur; A Bouvines delés Dinant, La perdi-je Ovide le grant...
Mon Lucan et mon Juvenal Oubliai-jë à Bonival; Estace le grant et Virgile Perdi-je aus dés a Abevile...
Tant il est vrai que, du goliard au jongleur, il n'y a pas la distance du lettré à l'illettré, mais que, les uns et les autres, ils sont des demi-lettrés !
Ainsi, beaucoup de clercs errants trouvaient un gagne-pain dans la menestrandie 3, et notre poésie dut s'en ressentir.
En effet, si nous comparons la poésie latine des clercs à la