Complainte de Constantinoble
2. Voir la Descorde de l'Université et des Jacobins, le Dit de V Université de Paris, les deux Dits de Mestre Guillaume de Saint-Amour.
3. Bien qu'il défende ici des privilèges de prêtres séculiers, professeurs en Sorbonne.
4. Voir, passim^ les deux dits des Ordres de Paris, les Dits des Jacobins, des Cordeliers, des Béguines, des Règles, du Pharisien, le fabliau de /''rère Denise, les Dits d Ypocrisie, de Sainte Eglise, etc.
Il était naïvement, profondément religieux. Ce rude ennemi des « papelards et béguins » — est-il besoin de le remarquer, tant ce contraste est fréquent au moyen âge ? — compose ses satires anti-monacales les plus violentes « au nom du Dieu triple et un » et pour le salut de (( sa lasse d'âme chrestienne ». h' Ave Maria Rustebuef^ le Dist de Nostre-Dame sont d'exquises prières. Nul, plus que lui, n'a excellé à tresser, comme des couronnes, ces délicates litanies où se complaisait notre vieille poésie. Le dévot prieur de Vicq-sur- Aisne, Gautier de Coincy lui-même, n'a pas rimé de vers plus tendres en l'honneur de la Vierge Marie (( sœur, épouse et amie de Dieu..., verge sèche et fleurie..., onde purificatrice..., ancre, nef et rivage..., vierge pure comme la verrière que le soleil traverse sans la briser..., chambre, courtine, trône et lit du Roi de gloire..., olive, églantier et fleur d'épine..., palme de victoire, violette non violée..., tourterelle qui ses amours ne mue ^ . . . »
Il n'a pas dédaigné non plus la gaieté des fabliaux, et ses contes sont parmi les plus joyeux, les plus lestement troussés de notre collection -.
Il fut encore — presque le seul des trouvères du moyen âge — une âme lyrique, au sens récent du mot : « Je ne suis pas ouvrier des mains... je vous veux découvrir mon cœur,
Car ne sai autre laborage :
Du plus parfont du cuer me vient ^.
Il a su, parmi la foule des traditions poétiques, élire les plus hautes, les plus fécondes : de belles légendes de pénitence et de pardon, comme Sainte Marie r Egyptienne ou le Sacristain et la Dame du Chevalier. Il est l'obscur devancier de Dante, par sa Voie de Paradis ; de Goethe, par son Miracle de Théophile; il a su raconter la vie de sainte Elisabeth de Hongrie sans être trop indigne de la sainteté de son sujet et manier, de ses mains de jongleur, sans le salir, le livre des trois ancelles.
Ainsi, cet homme a été l'éminent porte-parole de ses contem-