‹ Les fabliauxChapitre 225 sur 257 · De Messire G. de Sargines · texte numérisé non relu

De Messire G. de Sargines

3. Pour ces détails et pour ceux qui suivent, voyez, passim, le Mariage Rustebuef, la Complainte Rustehuef, la Paiz Rustebuef, la Griesche d' Yver, la Griesche d'Esté, la Mort Rustehuef, la Povreté Rustehuef\

EndroiL de moi, vous puis-je dire :

Je ne redout pas le martirc

Ne la mort, d'où qu'ele me viengnc '.

0 g-lorieux théologien ! pourquoi te méles-tu de ces hautes questions, et qui daignera te persécuter? Au fort de la querelle de l'Evang-ile éternel, tu as pu recueillir, aux alentours de la Sorbonne, quelques applaudissements d'écoliers. Retourne donc jouer avec eux, dans quelque taverne, aux dés pipés -. Et, quand tu auras perdu, cherche, ô confesseur de la foi, un préteur sur gages, qui veuille bien de ta robe. Mais qu'as-tu à faire parmi les docteurs de Sorbonne? retourne auprès de tes pairs, les ribauds de Grève, en la compagnie de Chariot le Juif et de Barbier de Melun 3. Ou va-t'en, vilain, au pays d'Audigier, en l'orde terre de Cocusse ^.

Poète lyrique, quelle inspiration ton génie trouvera-t-il, affamé comme te voilà? — Eh bien, « compagnon de Job, » chante donc ta misère ! Chante la longueur des hivers, où l'on finit par s'habituer à aller déchaussé !

Chante tes côtés nus pendant le temps froid, et tes talons qui te servent de semelles, et le froid au dos quand la bise vente, et les flocons de neige qui te piquent, ces blanches mouches de l'hiver !

Chante encore — c'est un beau lieu commun — l'inconstance de la fortune et des amis :

Je crois li venz me les a pris ;

L'amors est morte !

Ce sont amis que venz en porte, Et il ventoit devant ma porte :

Ses en porta !...

L'espérance de l'endemain,

Ce sont mes festes!...

Mais, si quelque haute inspiration te tente, ne t'y attarde pas : bâcle ce Miracle de Théophile, ébauche informe, et rime plutôt un boniment d'arracheur de dents, comme le Dit de VErherie\ on t en saura meilleur gré ; ne perds pas trop de temps à par-

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