Baudouin, dit des Hiraus, v
5. V. les dits de Watriquet de Couvin, pp. Aug. Schéler, Bruxelles, 1868. — M. Schéler date treize de ces pièces sur trente-deux, et ces dates s'échelonnent de 1319 à 1329. Plusieurs poèmes décrivent les pays du comté de Blois, notamment le château de Mont-Ferrant, situé tout près des lieux où s'élève aujourd'hui Chambord.
6. V. les Trouvères belges du XII^ au XIV^ siècle, pp. Aug. Schéler, Bruxelles, 1876, p. XX et pp. 162-224. — On ne sait rien de précis sur l'existence de Jacques de Baisieux. Je conjecture, un peu aventureusement, qu'il fut le contemporain de Watriquet et de Jean de Condé, et comme eux ménestrel attitré de quelque seigneur. Ses poèmes allégoriques du dit de VEpée et des Fiefs d'amour, ses rimes batelées et équivoquées sur les cinq Lettres de Maria ressemblent exactement aux pièces de ces trouvères.
7. V. la belle édition d'Aug. Schéler : Dits et contes de Baudoin de Condé et de son fils Jean de Condé, 3 vol., Bruxelles, 1866-1867.
ment Marot succéda à son père Jean ; c'est ainsi que de bonne heure « il vestit les robes des escuiers » du comte de Hainaut, et c'est pour les riches cours hennuyères et flamandes que, pendant trente années i, il poétisa (de 1310 à 1340 environ).
Ces poètes ne se soucient plus de réciter leurs vers devant les bourgeois et le menu peuple assemblés. Ils ne daignent plus rimer que pour leurs très nobles patrons et se sont vite pénétrés de la gravité de leurs fonctions. Il est presque plaisant de voir comme ils s'en font accroire : leur charge est un sacerdoce et la gravité de leur vie doit répondre à la dignité de leur rôle. Ils dressent des devoirs du ménestrel un formulaire qui aurait fait rire les pauvres jongleurs de la veille, les Rutebeuf et les Gourtebarbe :
Menestrieus se doit maintenir Plus simplement c'une pucele !...
Menestrieus qui veut son droit faire Ne doit le jangleur contrefaire, Mais en sa bouche avoir tous diz Douces paroles et biaus diz, Estre nés, vivre purement 2.
Watriquet veut que « sa rime soit de loiauté enluminée ^ ». 0 ménestrel, s'écrie Jean de Gondé,
Sois de cuer et nés et jolis Courtois, envoisiés et polis.
Pour les boines gens solacier '* !
Jacques de Baisieux se déclare plus heureux quand il peut « retraire un beau dit
Qu'il ne seroit de robe vaire.
Por coi ? La robe useroit, Et li biaus dis li demorroit, K'en son cuer auroit enserré ! »
Ils défendent avec hauteur leur corporation contre les Jacobins et les Mineurs qui osent encore sermonner contre elle : le
1. La plus ancienne pièce de Jean qu'on puisse dater est de 1313, la plus récente de 1337.