‹ Les fabliauxChapitre 229 sur 257 · Jacques de Baisieux, dit des Fiez d'Amours, p · texte numérisé non relu

Jacques de Baisieux, dit des Fiez d'Amours, p

roi David, qui liarpa devant Saùl atteint du mal Sathan, n'étaitil pas un ménestrel? la mère de Dieu n'a-t-elle pas donné à deux ménestrels la Sainte Chandelle d'Arras, qui guérit du mal des ardents ? Un ton inconnu de fierté anime cette profession de foi du poète Jean de Gondé :

Je sui des ménestrels al conte,

Garbiaus mos trueve et les reconte,

Dis et contes, et Ions et cours,

En mesons, en sales, en cours

Des g-rans seigneurs vers cui je vois.

Et haut et bas oient ma vois!

De mal a fere les repren

Et a bien fere leur apren !

De ce, jour et nuit, les sermon ;

On ne demande autre sermon

En plusours lieus ou je parole...

Jehan de Condé sui nommés,

Qui en maint liu sui renommés.

Que de bien dire ai aucun sens K..

Poétiser, pour eux, c'est prêcher. Ils portent une vielle monocorde : c'est la corde du dit moral. Ils sont vraiment des sermonnaires dans le siècle : ils ont du prédicateur les hautes prétentions morales, le goût des distinctions, divisions et subdivisions, la subtilité, le ton sentencieux, la tendance au lieu commun, tout, jusqu'au don de semer la somnolence.

Ils prétendent « enseigner les hauts hommes », « chastoier les jeunes bacheliers ". » Ils sont la lumière des princes : « Seigneur, vous allez dans la nuit, jDortez ce dit en lieu de torche ^. » Ils ont des exordes grandiloquents :

Entendez, roi et duc et conte,

Qui justice voulés tenir,

Comment vous devés maintenir,

Et pourquoi Dieus vous fist seigneurs

Des grans règnes et des honneurs ^*...

A écouter ces paroles dignes de quelque primat des Gaules

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