Dit des trois mestiers d'armes (V
11. V. nolammetit Jean de Condé, t. II, p. 73, et Jacques de Baisieux, p. 176.
Tantôt c'est un proverbe de Salomon qui sert de matière au développement, ou plutôt de texte au sermon ^ ; tantôt les anciens bestiaires, les lapidaires, les recueils d'exemples, toute cette faune et cette flore poétiques venues de l'Apocalypse ou de Pline l'Ancien, et qui ont fourni à l'architecture sacrée tant de motifs de décoration semi-hiératiques, semi-fantaisistes, leur fournissent des similitudes. C'est une série de paraboles compliquées et puériles, très conventionnelles; or, une parabole n'est expressive qu'autant que l'application en est nécessaire et qu'une invincible association d'idées unit le symbole à la chose signifiée. Ici, dans les dits de YOarse, du Chien, du Fourmi, du Lion, ce ne sont le plus souvent que des rapprochements non observés, fantasques, arbitraires : le chevalier doit prendre exemple sur la panthère ^, attirer les hommes par la bonne odeur de ses vertus comme la panthère entraîne les bêtes après elle par la douceur de son haleine; il doit défendre la Sainte Eglise comme le coq défend ses (jelines '^; il doit rejeter loin de lui les félons, comme l'aigle précipite de son nid ses petits couards et desnaturés ^, etc.. Et chacune de ces similitudes est poursuivie, jusqu'à épuisement de la matière, avec un luxe minutieux de rapprochements, de comparaisons, de raisonnements en forme.
On le pense bien : cette poésie moralisante, pompeuse, ne va pas sans allégories. Le roman de la Rose prolonge dans l'œuvre des Watriquet Brassenel et des Jean de Gondé sa néfaste influence. Elle y foisonne, elle y pullule, la postérité de Nature, de Dangier, de Bel Accueil! C'est toujours le môme songe allégorique où l'ombre du palais de Beauté, dans l'ombre d'un verger, abrite les ombres de Sapience, de Manière, de Raison, de Mesure, de Charité, d'Humilité, de Debonnaireté, de Courtoisie, de Largesse, de Suffisance, et autres ombres d'entités ^. Nos ménestrels relèvent, trois siècles avant les Précieuses, la carte du Tendre et décrivent la route qui conduit à Haute Prouesse, en passant par
1. Voyez, chez Jean de Condé, les dits VI, XVI, XL VIII, LXX.