‹ Les fabliauxChapitre 233 sur 257 · Watriquet, dit du preu Chevalier (XYI · texte numérisé non relu

Watriquet, dit du preu Chevalier (XYI

2. Jeau de Condé, Mariage de Hardement et de Largece (XXXI) ; voyez aussi, chez le même Jean de Condé, la Messe des Oiseaux (XXXYIII).

3. V., pour des exemples de jeux de rimes, dans l'œuvre des Watriquet, les pièces publiées sous les numéros V, XXI, XXXVI ; dans l'œuvre de Jean de Condé, les numéros VIII, XLIV, XL VII, LXIV.

4. Rappelez-vous le blanc Chevalier, ce vieux mari qui sauve sa femme de l'adultère ; le Chevalier à la manche, ce lâche réhabilité par l'amour.

5. Dans le blanc Chevalier, sur 1600 vers, 640 (du vers 592 au vers 1232) sont remplis par la description d'un tournoi.

Ce bon comte Guillaume, que Jean de Condé appelle a le père des ménestrels, » si épris de figuration qu'une fois, à Harlem, selon les chroniques, ilhéberg-ea huit jours de suite vingt comtes, cent barons, mille chevaliers et toute leur suite sans nombre, si follement prodigue que, selon Jean de Condé,

... il semoit l'or et Targent *

Ensi c'on semé blés as chans ^,

il est déjà semblable, par son goût du luxe pour le luxe, aux ducs Jean le Bon et Charles le Téméraire, patrons des rhétoriqueurs. Les dits allégoriques de nos ménestrels, leurs pièces officielles, leurs moralités, nous les retrouverons toutes pareilles chez Georges Chastellain et chez Robertet. Ces « vers rétrogrades d'amour », ces Ave Maria à rimes équivoquées annoncent bien les chants royaux en l'honneur de la Conception de Notre Dame, qui feront, dans les chambres de rhétorique et dans les puys, la gloire du bon Guillaume Crétin. Dès Jean de Condé, la poésie s'est faite décorative, comme ces grandes tapisseries froides que nous décrira Olivier de la Marche. Faire le portrait de Watriquet ou de Jean de Condé, c'est déjà esquisser celui de Jean Meschinot ou de Jean Molinet. Viennent maintenant les Eustache Deschamps, les Alain Chartier, les Christine de Pisan ! Dès l'époque de Jean de Condé, le goût flamand domine, et pour deux siècles, dans les lettres françaises.

Maintenant, le difficile n'est plus d'expliquer comment Jacques de Baisieux, Watriquet de Couvin, Jean de Condé sont les derniers poètes qui aient rimé des fabliaux ; mais le difficile est de dire, au contraire, comment, dans leur œuvre si grave, si solennelle, si prétentieuse, peuvent se rencontrer encore des contes à rire.

On en trouve pourtant, et de très plaisants : parmi les poésies de Jacques de Baisieux, voici la Vessie au prestre ; dans l'œuvre de Watriquet, voici les Chanoinesses de Cologne et les Trois dames de Paris^ la plus réaliste, la plus macabre des scènes de beuverie. Ici, dans l'œuvre de Jean de Condé, auprès des graves dits des Trois Sages ou de V Honneur changée en Honte, voici des contes gras qui vont du risqué au grossier : les Braies au

Page 1