‹ Les fabliauxChapitre 234 sur 257 · Dit du bon comte Guillaume, XXXII · texte numérisé non relu

Dit du bon comte Guillaume, XXXII

prestre, le Pliçon^ \q Sentier battu . Voici une ahbesse qui paraît en plein chapitre, coiffée, en guise de couvrechef, des braies de Monseigneur l'abbé; voici encore un clerc caché derrière un escrin.

Ces fabliaux tard venus ne sont pas les moins joyeux de notre collection. Ils lious montrent que la nouvelle en vers ne peut pas être atteinte par une décadence interne, comme les épopées ou les romans de chevalerie. Ici, le sujet est toujours aussi neuf, aussi brillant qu'au premier jour, parce qu'il continue de vivre dans la tradition orale, et que le conteur n'a qu'à se baisser pour l'y ramasser. Si le genre a péri, ce n'est pas qu'il se soit gâté, c'est que la mode a passé ailleurs.

Dans l'œuvre de nos ménestrels, les fabliaux ne peuvent plus s'expliquer que comme des survivances de l'âge précédent. Si les Watriquet et les Jean de Gondé en riment encore quelquesuns, c'est sans doute pour soutenir la concurrence des derniers jongleurs nomades, qui devaient les colporter encore ; c'est surtout pour satisfaire à ces habitudes prises par les plus grands seigneurs, dans les nobles cours, d'entendre ces contes joyeux, voire grossiers.

Mais, de plus en plus, dans la conscience croissante de leur dignité, les ménestrels répugnent à ce genre. Les fabliaux ne sont pas faits pour les beaux manuscrits enluminés de riches miniatures, ni pour le luxe des rimes équivoquées.

Les fabliaux étaient le produit de ce double agent : l'esprit bourgeois, l'esprit du jongleur ; les jongleurs sont devenus des gens de lettres, qui ne s'adressent plus jamais aux bourgeois; dès lors, les fabliaux meurent.

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