‹ Les fabliauxChapitre 29 sur 257 · Kaarle^rohn, Bar und Fuchs, Helsingfors · texte numérisé non relu

Kaarle^rohn, Bar und Fuchs, Helsingfors

4. L. Sudre, Les Sources du romande Renart, Paris, 1893, p. 8.

5. J. Jacobs, Cinderella in Britain, dans le numéro de septembre 1893 de la revue Folk-lore.

Bédier. — Les Fabliaux. 5

qu'à quel point ils peuvent être dus à l'identité de l'imag-ination humaine en tous lieux... Comment les contes se sont-ils répandus? c'est ce qui demeure incertain. Beaucoup peut être dû à l'identité de l'imagination dans les premiers âg-es; quelque chose à la transmission ^ . »

Il semblait donc bien que M. Lang se rangeât à la théorie de l'accident, qu'il fût, comme on dit, un « casualiste ». lia récemment protesté avec autant d'esprit que d'énergie-. « Nous sommes des millions de mortels, dit-il avec mélancolie, et chacun de nous vit isolé, heureux s'il réussit à se faire comprendre, en gros, de lui-même. » Il lui semble, nous dit-il, qu'il s'est entretenu par téléphone avec des correspondants très lointains — un peu durs d'oreille — qui ont innocemment dénaturé son message. Il affirme que nous nous sommes tous trompés —et il ne se peut qu'il n'ait raison, — concédant d'ailleurs que, dans le passage ci-dessus rapporté, il eût mieux fait de transposer les mots beaucoup et quelque chose et de dire : « Quelque chose peut être dû à l'identité de l'imagination dans les premiers âges , beaucoup à la transmission. » Ce « quelque chose » que le libre jeu de l'imagination indépendante pourrait inventer et réinventer à nouveau, ce ne serait d'ailleurs jamais un conte organisé, avec sa succession de multiples péripéties ; ce serait seulement, en des contes totalement différents, un même incident, une même idée fantastique ou superstitieuse. Toutes les fois que reparaît, chez d^eux peuples différents, la même intrigue circonstanciée et précise, M. Lang admet — comme l'exige le bon sens — qu'il y a eu transmission. Mais il est aussi des contes qui ne présentent en commun qu'une même idée centrale, et, dans ce cas, il se peut que la similitude des croyances ou du développement social, ou la parité générale de l'imagination ait procréé, ici et là, des thèmes généraux identiques, d'où sont issus des contes différents. Et quand on a vu quels exemples significatifs allègue M. Andrew Lang, en ces articles auxquels le mieux est de renvoyer le lecteur, il apparaît

Page 1