‹ Les fabliauxChapitre 34 sur 257 · Traité de l'origine des romans, p, 12 de l'éd. de · texte numérisé non relu

Traité de l'origine des romans, p, 12 de l'éd. de

ei Dimna ou les FaJAcs do Biclpaï en arabe. Appliquant son esprit sagace à l'examen des diverses rédactions de ce livre, le plus vaste et le plus répandu des recueils de contes orientaux, il prouvait que la plus ancienne forme n'en était ni arabe, ni persane, mais indienne.

Parce que c'est lui qui établit ce fait considérable, on se réclame aujourd'hui volontiers de son grand nom, bien à tort, je crois : car Silvestre de Sacy n'a pas été le fauteur, du moins conscient, de la théorie.

Son livre n'est, en effet, qu'un travail de bibliographe génial. Il s'est borné à démêler l'écheveau compliqué des divers remaniements orientaux du Calila^ et ne s'est jamais permis aucune remarque qui outrepassât les promesses modestes de son soustitre : Mémoire sur Voriçjine de ce livre^ et sur les diverses traductions c/ui en ont été faites dans VOrient. Le problème général de l'origine des contes ne paraît pas s'être, un seul instant, présenté à son esprit, et je ne pense pas qu'on puisse trouver dans son livre une conclusion plus générale que celle-ci : « Je ne crains pas d'affirmer que toutes les règles de la saine critique assurent à l'Inde l'honneur d'avoir donné naissance à ce recueil d'apologues., qui fait, encore aujourd'hui, l'admiration de l'Orient et de l'Europe elle-même. La conclusion que je tire de tout ce que je viens d'exposer n'est pas absolument que le Pantchatantra soit antérieur à Barzou^^èh, ce qui cependant est extrêmement vraisemblabe; elle n'est pas même qu'avant Barzoujèh, tous les apologues que celui-ci réunit dans le livre de Galila fussent déjà rassemblés, dans l'Inde, en un seul recueil. Tout ce que je prétends établir, c'est que les originaux des aventures de Galila et Dimna, et des autres apologues réunis à celui-là, avaient été effectivement apportés de l'Inde dans la Perse ^. » On le voit : nulle tendance à exagérer la portée de ces faits de pure bibliographie, mais une prudente abstention.

Déjà son élève, Loiseleur-Deslongchamps généralisait plus que lui, lorsqu'il lui dédiait, en 1848, son Essai sur les fables indiennes et sur leur introduction en Europe.

Ce même roman de Calila, dont S. de Sacy avait classé les rédactions orientales, Loiseleur-Deslongchamps le suivait à tra-

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