‹ Les fabliauxChapitre 4 sur 257 · Cf. aussi l'appcudice II · texte numérisé non relu

Cf. aussi l'appcudice II

en espagnol, en français. Il ont exercé sur la tradition orale une influence certaine, mais très médiocre; car au moyen âge un fort petit nombre de contes paraît être sorti de ces collections. A la Renaissance et dans les temps modernes, elles ont été traduites de nouveau : elles ne semblent avoir fourni que des occasions de plagiats à des conteurs lettrés. L'histoire de ces traductions, tant au moyen âge que dans les temps modernes, n'intéresse donc guère que les seuls bibliographes.

Par voie orale, des contes sont assurément venus de l'Inde, tant au moyen âge que depuis. Contes de tout genre, merveilleux ou plaisants, fables et fabliaux. Peutêtre même, malgré les apparences contraires, les quelques fabliaux que nous étudions spécialement en sont-ils originaires. Mais c'est une concession toute gratuite, car nul n'a le pouvoir de prouver cette origine orientale. Concession nécessaire pourtant, car il n'y a nulle raison d'exclure l'Inde du nombre des pays créateurs de contes. Tous en ont créé. Il est venu, il vient des contes de l'Inde, comme il en vient journellement de la Kabylie et de la Lithuanie.

Bref, la théorie orientaliste est vraie quand elle se réduit à dire : « L'Inde a produit de grandes collections de contes. Par voie lettrée et par voie orale, elle a contribué à en propager un grand nombre. » Affirmations qui conviennent, l'une et l'autre, à un autre pays civilisé quelconque. Elle est fausse quand elle attribue à l'Inde un rôle prépondérant, quand elle l'appelle « le réservoir, la source, la matrice, le foyer, la patrie des contes». C'est dire que le système orientaliste meurt, au moment précis où il devient un système.

En nos diverses enquêtes, la méthode de comparaison, universellement admise parles folk-loristes, nous prouvait

son impuissance à démontrer que le conte étudié fût originaire de l'Orient. Mais nous révélait-elle une autre patrie pour ce conte ? nous disait-elle : il n'est pas né dans l'Inde, mais en Italie, ou en Espagne?

Non : la méthode paraît stérile (Chapitre VI 11), et ne le paraît pas seulement dans les quelques monographies que j'ai tentées. Depuis cinquante ans que les plus illustres savants s'obstinent à collectionner des variantes de contes pour les comparer, pour en chercher l'origine et le mode de propagation, l'immense majorité de leurs recherches n'aboutissent pas : si le conte étudié est conservé sous quelque forme orientale, ils se hâtent de le déclarer indien d'origine; sinon, ils se confinent dans un inutile classement logique des variantes, et s'abstiennent de toute conclusion, ou même de toute conjecture.

Or, pourquoi certains contes sont-ils réfractaires à ce genre de recherches ?

La méthode qu'on y emploie paraît pourtant très sûre. Elle se résume en cette phrase, qui est de M. G. Paris : (( Il faut de toute nécessité distinguer dans un conte entre les éléments qui le constituent réellement, et les traits qui n'y sont qu'accessoires, récents et fortuits ^ » Dans un grand nombre de contes, le seul examen « des éléments qui constituent réellement le conte » résout la question d'origine; l'inspection des « traits accessoires » résout la question du mode de propagation.

En effet, à examiner en certains contes les éléments c( qui le constituent réellement », qui en forment l'organisme, on s'aperçoit qu'ils appartiennent nécessairement à une certaine race, à une certaine civilisation. Ils supposent des mœurs, des croyances spéciales ; ils ne peuvent

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