‹ Les fabliauxChapitre 46 sur 257 · Benfey, Pantchatantra, I · texte numérisé non relu

Benfey, Pantchatantra, I

trahirait comme mie forme dégénérée, on devrait accorder le bénéfice de la priorité. »

c) Théorie de Benfey. — C'est à l'épreuve de ce critérium que Benfey soumet à son tour les fables. Il en examine soixante environ. Dans une cinquantaine de cas, les formes indiennes lui paraissent soit plus déterminées que leurs parallèles grecs, soit dégénérées : il soutient donc que ces cinquante fables sont nées en Grèce. Pour six fables seulement, il admet une origine indienne 1. Voici sa conclusion d'ensemble : (( La grande majorité des contes d'animaux sont originaires de l'Occident et ne sont que des fables ésopiques plus ou moins remaniées. Pourtant, c|uelques-uns portent l'empreinte d'une origine indienne -. »

d) Théorie de Relier. — Le principe de Benfey a paru à 0. Keller ^ arbitraire et faux. Il en applique un autre qu'il nomme (p. 335) le principe de naïveté. « Entre plusieurs verce sions d'une même fable, je considère comme source des autres « celle qui renferme les traits de mœurs animales les plus con- (( formes à la réalité, à la nature, les plus naïfs. » Il s'ensuit, comme bien l'on pense, qu'il attribue à l'Inde des fables que Benfey croyait grecques d'origine , et inversement. Mais , s'il répartit autrement que Benfey le trésor des apologues entre les deux races contestantes, néanmoins il croit comme lui à la réciprocité des emprunts. Non, pourtant, à leur simulta-

1. C'est M. Jacobs, 0)». CiY., qui a établi cette statistique. Voici les six fables que Benfey attribue à l'Inde : Le chacal et le lion, § 29, p. 104 ; Le lion et la souris, § 130, p. 329 ; Le lion et l'éléphant, § 143, p. 348 ; L'homme et le serpent, § 150, p. 360 ; La montagne qui accouche d'une souris, § 158, p. 375; enfin, § 200, p. 478.

Voici, par contre, quelques exemples des jugements de Benfey en faveur de la Grèce : | 105, p. 293, « la fable du Makasa-Jâtaka n'est qu'une exagération de Phèdre, V, 3. » — § 164, p. 384. « On peut conjecturer que la fable grecque des Grenouilles qui demandent un roi a donné naissance à la fable correspondante du Pantchatantra. » — § 84, p. 241 : « La fable ésopique de V Aigle et la tortue est incontestablement la source première du récit du Pantchatantra. » — § 191, p. 468, cf. § 17, p. 79 : « La fable du Chien qui laisse la proie pour l ombre est visiblement une forme secondaire et déformée de la belle fable grecque de Babrius, 79. » Comparez les §§ 50, 84, 121, 144 (où Benfey reste indécis), 188, etc..

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