V. Jacobs, /Esop, p
4. V. les deux textes rapprochés par VN'^agener, op. cit., p. 114-6.
« conduis, bien que tu sois un aède. Je te mangerai, s'il me « plaît, ou je te renverrai. Malheur à qui veut lutter contre un « plus puissant que soi ! Il est privé de la victoire et accablé de « honte et de douleur. Ainsi parla l'épervier rapide aux ailes (( étendues. »
Cette fable est extraite, comme on sait, des Travaux et des Jours ^. A l'époque d'Hésiode, que savait-on de l'Inde en Grèce? C'est seulement plusieurs siècles plus tard qu'on trouve la plus ancienne mention de ces contrées, chez Hécatée. Le jour où Hésiode versifia la fable de VEpervier et du Rossignol, où étaient \e Mahàhhàrata, les Jàtakas'^. où, Çakjamouni? Il n'était alors qu'un informe aspirant bouddha, un vague bôdhisat, qui devait accomplir encore, pendant des siècles, de nombreux avatars.
Tels sont les faits que nous voulions retenir. Pourquoi avonsnous insisté ainsi sur les plus anciennes fables grecques ?
Pour conclure à leur priorité sur les fables indiennes correspondantes? Nous n'en aurions garde. Mais pour en tirer à peu près la même conclusion que M. Jacobs, dans son beau livre sur Esope - : à savoir qu'il existait en Grèce un véritable folk-lore. Le vieil Archiloque, à la fin du viii^ siècle avant J.-C, en était déjà conscient, lorsqu'il appelait l'une de ses fables un alvcç àvGpwxwv ^. Les apologues ésopiques s'ofïrent à nous avec le véritable caractère des traditions populaires, l'anonymat. Il suffît d'un mot, d'une allusion rapide, au théâtre, à l'agora, pour que toute une foule retrouve la fable dans sa mémoire. Ces apologues sont si nombreux, si familiers à tous, que le peuple imagine un être fictif pour les lui attribuer, Esope, analogue à l'Arlotto de Florence, au Till l'Espiègle allemand, au Hodja de Turquie. Quand Démétrius de Phalère, vers l'an 300 av. J.-C, composa
ses aîawTCSiwv ^oy^v auvaYwyai ^, il dut vraiment agir, comme Jacob \ ~~"
2. The fables of ^sop, now again edited and induced bj Joseph Jacobs^ 2 vol., Londres, 1889.