Diog. Laert., V
Grimm, en folk-loriste, se l^aissant vers la tradition des petites gens, ramassant des contes dans les dèmes d'Attique, au marché aux herbes. Aussi loin que nous remontions dans l'histoire de la Grèce, nous y trouvons des fables; aussi loin que nous remontions dans l'histoire de l'Inde, nous y trouvons des fables. Si nous pouvions remonter de mille ans plus haut dans l'histoire de l'humanité, nous y trouverions aussi des fables, souvent, sans doute, les mêmes.
Et tout ce que nous voulons retenir de cette discussion, c'est cette vérité, que nous avons surabondamment démontrée : quand on a prouvé que Phèdre et Babrius sont plus anciens que le Sindihad, que les fables citées par Aristophane sont antérieures au Kalilali, que les Travaux et les Jours d'Hésiode préexistaient aux Jatakas ou aux Upanishads, personne ne croit avoir démontré par là que la Grèce soit la mère des fables et que l'Inde l'ait plagiée.
Pourquoi donc attribuer tant d'importance à la préexistence en Orient de certains contes à rire, de certains contes merveilleux? Quand on a fixé les dates respectives de deux recueils de contes, ou de deux versions d'un même conte, on n'a rien fait encore pour déterminer la patrie de ce conte : le problème n'est pas encore résolu ; il n'est pas même posé !