‹ Les fabliauxChapitre 63 sur 257 · La Comédie grecque, F àvis, 1886, t. II, p · texte numérisé non relu

La Comédie grecque, F àvis, 1886, t. II, p

retrouver dans leurs intrigues, dans le Miles Gloriosus par exemple, de véritables contes traditionnels. — Où sont, de même, les légendes erotiques alexandrines de Philétas, d'Hermésianax de Colophon ^? Où sont les contes sybaritiques ^7 Où, les fables milésiennes? Elle est perdue, cette collection de contes d'Aristide de Milet que L. Cornélius Sisenna avait traduite ^. 11 est perdu ce recueil de contes milésiens que le Suréna découvrait dans les bagages d'un officier romain tué à la bataille de Carrhes. Si nous pouvions le lire, comme le Suréna le fît lire au sénat de Séleucie, nous n'y rechercherions pas, comme lui, des témoignages de la corruption et de la frivolité romaines, mais les folk-loristes y reconnaîtraient les fabliaux de l'antiquité.

Ici encore, il suffira de quelques rapprochements.

Voici l'une des sèches narrations que Parthénius adressait à Cornélius Gallus, pour qu'elles lui fournissent des canevas de poèmes. OEnone ^, séduite par Paris sur l'Ida, lui prédit son sort : un jour, il la délaissera; il sera blessé dans un combat, et, seule, elle pourra le guérir. En effet, après des années, alors que depuis longtemps OEnone a été abandonnée pour Hélène, Paris est blessé par Philoctète. Il se souvient alors de la jeune fille qui l'a aimé sur l'Ida, et de sa prédiction. Il envoie un messager pour la rechercher et la supplier de venir à son aide. Elle répond par de violentes paroles : que Paris demande plutôt à Hélène de le guérir ! Mais, à peine le messager parti, elle regrette sa cruauté et se met en route vers celui qu'elle aime encore. Hélas! elle a trop tardé. Sa dure réponse a déjà été rapportée à Paris, qui, en apprenant qu'elle ne viendrait point, est mort. Elle arrive aussitôt après et se tue sur son corps.

J'ignore si l'on a déjà remarqué la ressemblance de cette légende d'amour et de celle de Tristan. Thomas, Eilhart d'Oberg, un manuscrit du roman en prose, nous racontent ainsi la mort des deux amants : Tristan, blessé d'un coup de lance envenimée, songe que, seule, son amie Yseult de Cor-

Page 1