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Parthénius, nan\ IV

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nouaille, qui tient de sa mère le secret de remèdes puissants, et qui, deux fois déjà, a guéri ses blessures, pourra le sauver. Il envoie donc vers elle, en Cornouaille, un de ses vassaux. Pour qu'il sache quelques heures plus tôt son bonheur ou sa peine, que la voile de la nef soit, au retour, blanche, si Yseult vient; sinon, noire. Yseult s'embarque, la nef approche, et la voile apparaît au large, toute blanche. Mais la femme de Tristan a aj^pris ces conventions. A peine a-t-elle vu le vaisseau qu'elle accourt au lit du blessé et lui annonce l'approche d'un navire. — « Quelle est la couleur de la voile? lui demande-t-il. — Toute noire. « A cette parole, Tristan rend l'âme. Yseult débarque, apprend la nouvelle, embrasse le cadavre cher, et meurt à son tour.

Il manque ici, pour que la légende d'OEnone et de Paris soit identique à celle de Tristan et d'Yseult, l'épisode de la voile blanche ou noire. Mais chacun se souvient de l'avoir déjà rencontré sur le sol antique, dans la légende de Thésée, si voisine de celle de Tristan ^ : la voile blanche ou noire que devait porter la nef d'Yseult était bien celle que le vieil Egée cherchait à riiorizon sur les flots grecs.

liC cadre du Roman des sept sages (une femme repoussée par son beau-fîls, à qui elle a déclaré son amour incestueux, s'en venge en l'accusant auprès de son mari du crime même qu'il a refusé de commettre), ce cadre est bien ancien, sans doute, puisqu'il remonte aux temps du bouddhisme indien ^ : mais la légende de Phèdre et d'Hippoljte est plus ancienne encore.

Un des thèmes les plus répandus de la novellistique populaire est celui-ci : un père qui aime d'amour sa propre fille, impose aux prétendants, pour les écarter, des épreuves réputées insurmontables, jusqu'au jour où l'un d'eux en triomphe, à moins que, en d'autres versions quelque tragique dénoûment ne punisse le père coupable. C'est, entre vingt contes populaires analogues, le sujet du lai àasDeux amants de Marie de France ^.

1. V., sur cette parenté, l'article de M. G. Paris sur Tristan et Iseut dans la Revue de Paris, 1894, no 3.

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