Benfey, Orient und Occident, III
'ô. Marie de France n'insiste pas sur le caractère incestueux de cette affec-
C'est aussi le sujet de plusieurs légendes grecques, des légendes d'OEnomaiis et de sa fdle Hippodamie ou de Sithon et de sa fille Palléné, telle que nous la rapporte Parthénius ^. Sithon, épris de sa fille Palléné (comme le père de la Alanekine, le père de Crescentla^ etc.), a fait proclamer que celui-là seul l'obtiendrait qui triompherait de lui en combat singulier. Bien des prétendants ont tenté cette épreuve et ont péri. Enfin, comme les forces de Sithon ont décru et qu'il ne peut plus entrer lui-même en lice, il impose à deux prétendants rivaux, Drjas et Clitos, de lutter l'un contre l'autre. Comme Palléné aime Clitos, son père nourricier achète le cocher de Dryas, et obtient qu'il enlève les chevilles qui fixent les roues de son char de combat. Drjas tombe et Clitos le tue. Le père apprend l'amour et la ruse de sa fdle et fait dresser un bûcher pour les deux amants. Mais une pluie miraculeuse éteint les flammes qui les environnent, et Sithon renonce enfin à son cruel amour -.
A parcourir seulement le livre de M. Rohde, les nouvelles sont nombreuses qui ont vécu dans l'antiquité, cçifmme elles ont vécu en Orient et vivent encore aujourd'hui : telles les légendes d'Héro et de Léandre 3, de Tarpéïa, dont on a des répliques sans nombre, orientales et occidentales ^; telle l'exquise légende d'Antiochus, épris de Stratonice ^.
Ou bien qu'on feuillette les Gesta Romanorum, dans l'édition
tion. Mais il est évident, à lire son conte, qu'elle connaissait des données plus violentes, qu'elle a adoucies. Parlant de l'amour infini du père pour sa fille, elle dit (éd. Warnke, v. 29) :
Li reis n'aveit altre retur; Près de li esteit nuit et jur...
Plusur a mal li aturnerent, Li suen mëisme l'en blasmerent...