Traduction Lancereau, p
3. Décam., IV, 2. Je ne sais si ce rapprochement a déjà été indiqué, Benfey ne mentionne pas le récit grec, non plus que Landau [Quellen des Dekameron, p. 293, ss.). Naturellement, pour Benfey. le conte doit être considéré, unheclenklich (p. 159), comme issu de sources bouddhiques. Pourtant le récit du Décaméron diffère autant de la version du Pantchatantra que de celle d'Eschine. — Eschine est-il bien l'auteur de ces lettres? ou sont-elles, comme il faut plutôt le croire, l'œuvre de quelque alexandrin? Peu nous importe ici. Nous n'en sommes pas à 200 ans près ! (Voir, sur la question : Castets, Eschine r orateur, appendice).
Mnésiloque, déguisé en vieille, s'est introduit parmi les femmes assemblées pour célébrer les mystères de Cérès, et pour tirer vengeance d'Euripide. Il défend le poète, son gendre, par un étrange plaidoyer où il allègue une série de méfaits féminins dont Euripide aurait pu tirer parti pour ses tragédies, et dont, par discrétion bienveillante et pour l'honneur des femmes, il n'a soufflé mot. Plusieurs des exemples de Mnésiloque se référaient, sans doute, à des contes à rire connus des spectateurs. Voici l'un d'eux : « Euripide, dit Mnésiloque, n'a jamais raconté l'histoire de cette femme qui, en faisant admirer à son mari un manteau et en l'étalant sous ses veux, a fait évader son amant caché; cela, il ne Fa jamais raconté ^ »
On reconnaît ici le Pliçon de Jean de Condé (Montaiglon- Raynaud, t. VI, 156«).
(( Deux rivaux, l'un riche et laid, l'autre de bonne race et
beau, mais pauvre, recherchent la même jeune fille. Le riche
l'emporte. Le jour du mariage, pour que les pierres de la route
ne blessent pas les pieds de l'épousée, on loue un âne qui se
trouve être précisément celui de l'amant rebuté. Le cortège
nuptial se déploie pompeusement, quand soudain, par une
faveur de Vénus, un orage terrible éclate, qui disperse parents
et paranymphes. L'âne effrayé s'enfuit et se réfugie sous un
toit; c'est là, précisément, que son maître, ai:\, milieu de ses
amis, est en train de noyer son chagrin au fond des pots. Tandis
que le fiancé officiel fait rechercher sa fiancée à cri de héraut,
l'autre
dulces perfîcit -^qualitatis inter plausus nuptias. »