‹ Les fabliauxChapitre 74 sur 257 · MR, III, 63, Du vilain qui conquist Paradis · texte numérisé non relu

MR, III, 63, Du vilain qui conquist Paradis

2. MR, VI,, 151, Du chevalier qui recovra Vamor de sa dame. A la fin de ce conte, le jongleur nous dit que « Pierre d'Anfol fist et trova premièrement ce fablel ». Ce nom de Pierre d'Anfol est sans doute une traduction de et Petrus Alphonsi ». Ce serait la seule allusion d'un conteur à la Disciplina clericalis. Il va sans dire que ce fabliau ne se retrouve pas dans l'œuvre du Juif espagnol, et la source qu'allègue notre conteur est vraisemblablement supposée.

... D'une vielle vos vueil conter

Une fable por déliter ;

Deus vaches et, ce truis o livre ^..

...Ce nous raconte liescm^...

Que pouvaient être ce livj'e, ces écritures! Nous l'ignorons, et peut-être ces références étaient-elles imaginaires, comme en tant d'autres cas où les trouvères font parade de sources très savantes. Quoi qu'il en soit, il est piquant qu'aucun de ces quatre contes qui seraient empruntés à des escris n'a jamais été retrouvé sous aucune forme orientale.

Par contre, dans tous les autres cas, les conteurs nous disent qu'ils recueillaient les fabliaux sous forme parlée.

« Toï conter l'autre semaine^ »... « On me le conta por voir ^ »... « Il advint à Orléans, comme en témoignage cil qui nrien donna la matière'^.,. »

... Une truffe de vérité

Vos vorrai ci ramentevoir,

Si c'om le me conta de voir^'...

On en répétait ainsi beaucoup, par les bourgs et les cités, plus qu'on n'en pouvait écrire. Les trouvères regrettent qu'on ne puisse pas noter tous ces récits qui courent les rues; les « bons ménestrels », disent-ils, les devraient « enromancier » :

Aussi corne gens vont et vienent, Ot on maintes choses conter Qui bones sont a raconter; Cil qui s'en sevent entremettre I doivent grant entente mètre ^...

• Mais quoi ! on ne peut toutes les recueillir ! Elles sont trop !

Une aventure molt petite Qui n'a mie esté sovent dite Ai oï dire, tôt por voir...

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