‹ Les fabliauxChapitre 97 sur 257 · Lancereau, p · texte numérisé non relu

Lancereau, p

4. Ce personnage, qui formule d'une manière si imprévue la loi d'airain de Lassalle, est, d'après M. Lancereau, « la personnification de l'activité de l'homme dans la vie présente; » le second, Karman, personnifie « les œuvres accomplies dans une vie antérieure, ou, en d'autres termes, la destinée. »

regagna en un an 500 souvarnas. Il se remit en route vers sa demeure; mais par crainte de perdre les souvarnas, quoique très fatigué, il ne se reposa pas; comme il marchait vite, il entendit deux hommes à Tair dur, tout à fait semblables aux premiers, qui venaient derrière lui et qui parlaient entre eux. Ils eurent le même dialogue que précédemment, et quand Somilaka examina sa bourse, elle était vide. Alors il voulut se pendre à un figuier. Mais comme, une corde au cou, il allait se laisser tomber, un homme qui était dans les airs dit : « Hé, hé, Somilaka! ne fais pas ainsi acte de violence! C'est moi qui t'ai enlevé ton argent; je ne permets pas que tu aies même un varàtaka de plus que la nourriture et le vêtement. Va donc vers ta maison. Au reste, je suis satisfait de ton emportement. En conséquence, demande quelque faveur que tu désires. — Si c'est ainsi, dit Somilaka, alors donne -moi beaucoup de richesses! — Hé! répondit l'homme, que feras-tu d'une i-ichesse dont tu ne peux jouir? — Hé! dit Somilaka, bien que je ne doive pas jouir de cette fortune, puisse-t-elle cependant m'arriver! Car on dit : Quoique avare, quoique de basse origine et toujours fui par les honnêtes gens, l'homme qui a un amas de richesses est vénéré par le monde. »

Benfey ^ montre à merveille combien cette légende porte la marque de la religion bouddhique, et quelles croyances, quelles traditions voisines v sont rattachées. Aussi elle est restée enfer-

mée dans les recueils indiens. Benfey dit pourtant : <( Le \^^ des Contes serbes recueillis par Wuk est apparenté à ce récit sanscrit. » Je n'ai pas lu le conte serbe; mais je ne crois pas me risquer beaucoup en gageant que cette parenté est imaginaire.

Ou bien, qu'on cherche encore, dans nos recueils populaires, un parallèle à cette belle légende bouddhique ; celle-ci ne suppose pourtant aucun merveilleux oriental, mais simplement une morale spéciale 2.

Il y avait à Mathurâ une courtisane nommée Vâsavadattâ. Sa servante se rendit un jour auprès d'Upagupta, pour lui acheter des parfums. Vâsavadattâ lui dit à son retour : » Il paraît, ma chère, que ce marchand de parfums te plaît, puisque tu lui achètes toujours. » La servante lui répondit : « Fille de mon maître, Upagupta, le fils du marchand, qui est doué de beauté, de douceur et de talent, passe sa vie à observer la loi. » En entendant ces paroles, Vâsavadattâ conçut de l'amour pour Upagupta, et enfin, elle envoya sa servante pour lui dire son amour. La servante s'acquitta de cette commission auprès d'Upagupta; mais le jeune homme la chargea de répondre à sa maîtresse : « Ma sœur, il n'est pas encore temps pour toi de me voir. » Or il fallait, pour obtenir les faveurs de Vâsavadattâ, donner cinq cents

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