‹ Les FaçadesChapitre 3 sur 21 · I. E s r A Ç A D E s DJ · texte numérisé non relu

I. E s r A Ç A D E s DJ

— Vous êtes libres, messieurs. M. le Directeur n'a pas besoin de vous.

Les arbres de l'Esplanade s'ensablaient déjà de nuit ; leur ombre défeuillue entra dans la pièce et dans l'âme de Pierre, noircit le décor mental où depuis le matin se débattait le grand dialogue des tentations suprêmes.

11 jeta sur son bras le léger pardessus clair, haussa dans la glace la coquetterie de ses moustaches tordues, mira la soie irradiante de son chapeau.

Il pensait :

— Je ne dine nulle part ce soir ; alors il va falloir aller manger dans cette gargote de la rue Vivienne. — Comme ça les amuserait, s'ils me voyaient entrer là. tous ces poseurs ! — Et pas moyen de sortir de cette terrine. Je serai troisième quand rDans trois ou quatre ans peut-être r — Et je gagnerai cinq mille par an dans des pavs dix fois plus chers que la France. — Oui. je sais : le beau miariage ! Comme j'ai des chances! — Et ce pauvre Candale ! Est-ce que c'est chic son existence ? — Est-ce qu'il ne vaut pas mieux faire d'un coup la grosse saleté !

Il sentit la faim, une faim vivace et vorace de jeune, s'ouvrir comme un trou dans ses entrailles ; et il pensa au « Prix

fixe » de la rue Vivienne. Puis il sougea encore à Caudale.

La jcie de sa mère, en recevant la lettre. — la lettre qu'il vit annonçant le mariage, égaya ses yeux. Ils évoquaient les doux traits du pastel maternel, faisaient renaître l'ambiance du passé, les pays de bonheur de l'autrefois.

Sur la cheminée du bureau un buste d'homme, au collet brodé, aux lèvres rases, souriait d'un air officiel; Lemesie lut tout haut les caractères dorés gravés sur le socle :

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