‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 104 sur 169 · BAINS DE BADE · texte numérisé non relu

BAINS DE BADE

près Thnrgau AU XV« SIÈCLE

Poggio, à son cher Niccolo.

Salutations empressées. Si tu te portes bien, tant mieux, car moi je vais à merveille.

Je t'ai écrit de Constance, par un de mes collègues, une lettre datée, si je ne me trompe, du \ des calendes de mars. Si tu Tas reçue, tu as dû bien rire en la lisant, car elle était émaillée de choses fort plaisantes et assaisonnée de bon sel. 11 y était beaucoup question des Lettres Hébraïques^ dont je m'occupais alors, et je me gaus-

1. Les Lettres llétjra'iques, dont il est ici question, sont l'ouvrage du Juii' Espagnol convci-ti, connu sous le nom de Jérôme de Sainte-Foi ; il y énonce que les prédictions contenues dans

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sais de ce docteur, qui, comme tout bon Juif devenu chrétien, est léger, vaniteux et inconstant; aussi flagellais-je, d'une main leste, ces lettres et leur doctrine fruste, grossière et barbare.

Je crains bien, cependant, que celte lettre ne te soit pas plus parvenue que celle que j'ai écrite à Leonardo d'Arrezo l , car je connais trop bien ton exactitude pour ne pas croire que tu ne m'eusses pas déjà répondu quelque chose de spirituel au sujet de la conduite de ce docteur tout frais émoulu, ce que du reste tu avais si bien prévu dans maintes de nos conversations. Bien qu'elles soient, à mon avis, d'aucune utilité pour l'étude de la philosophie, elles peuvent cependant contribuer à notre connaissance de l'humanité, d'autant plus qu'en les traduisant j'ai appris à bien connaître les mœurs de ce Jérôme.

Je t'écris de ces bains auxquels je suis venu demander à mains jointes, de me rendre, en grâce

la Bible, relativement à Jésus-Chri.-t, étaient si évident^s qu'elles attestaient si clairement sacjualiléde vrai Messie qu"il se faisait fort de rallier à cette opinion tous les rabbins espairnols, si le pape Benoît XIIJ, alors réfugié en Espagne, voulait laire tenir une conterencj en sa présence. Cette conférenci'. commencé le 7 février l'il3, en présence du Pape exilé, de plusieurs cardinaux, d'une foule de prélats et des rabbins les plus savants du royaume d'Aragon, ne finit que le 10 mai suivant. Comme il arrive souvent, en pareil cas, l'orgueil et la vanité du nouveau docteur y gagnèrent seuls quelque chatouillement. Chacun resta dans son opinion en dépit des efforts de Jérôme de Sainle-P^oi. Il a composé aussi un traité contre les erreurs dangereuses contenues dans le Talmud. (.Vo/r d'ÂNT. Mkray).

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