SALUT
Il s'est élevé, il y a déjà ({uelque temps, entre des hommes très doctes, notre ami Niccolo et Carlo Aretino, une légère polémique sur cette question : Convient-il à un vieillard de se marier? Après avoir consacré à la mémoire de notre ami quelques passages de mes ouvrages. j"ai résolu aujourd'hui, que j'en ai le loisir, de publier cette discussion, tant à cause du mérite des polémistes, que parce qu'ils paraissent confirmer mon opinion personnelle. Il ne manque pas en effet d'ignorants qui s'imaginent qu'il est défendu à un homme avancé en âge de songer au mariage, alors que, surtout en raison même de son âge, il est devenu incapable de gouverner ses affaires domestiques et que l'aide d'une épouse lui est presque indispensable.
Bien que Carlo ait employé plus de mots et de développements que je n'en rapporte, pour défendre la cause de la vieillesse, cependant, je crois que le peu que j'en dis, tel (jue cela m'est ifvenu
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H Fesprit, répond siiffisanimeiit sur presque tous les points à l'opinion de Xiccolo.
Je vous adresse donc, à vous, homme i\ la fois très sage et très docte celte dissertation, afin qu'après l'avoir lue, vous me fassiez connaître qu'elle opinion vous embrassez de préférence. Si j'ai enlevé quelque chose à la vigueur d'argumentation de Niccolo et à l'éloquence de (larlo, vous n'en accuserez que la faiblesse de mon talent, qui ne peut dépasser ses moyens. J'ai mieux aimé tirer tout le parti possible de cette discussion, que de laisser tomber dans l'oubli les parolesd'honimcs aussi doctes, qu'il importiiit tant de connaître, ne fut-ce qu'en substance.
Adieu.
POUGIO.
Florence, le 15' jour des Kalendes d'Avril.
UN VIIMLI.ARD