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XXVI INTRODUCTIOiN
de Médecis, parmi les amis qui s'empresseraient de le féliciter sur son retour dans la patrie. Les intrigues d'une faction rivale l'avaient depuis peu fait bannir de Florence et exposé à la haine et aux insultes journalières d'un impudent libelliste. Tant que Gosme fut proscrit, Poggio garda le silence et l'insulteur triompha aisément d'un homme qu'enchaînait l'autorité.
L'insulteur était le professeur Francesco Filelfo ou Philelphe, dont le nom avait eu jusque-là un grand retentissement; des monarques, des républiques, des princes de tous rangs s'étaient disputés à qui le posséderait, comme si les services qu'ils attendaient de lui leur eussent été une force et sa personne un ornement. Il ne lui avait manqué que l'esprit de conduite, pour se maintenir dans la position éminente où il était déjà, à vingt-deux ans, etpour monter plus haut encore. Poggio, lui, manquait de tous les avantages physiques, et des faveurs obtenues par Filelfo, et s'il n'avait pas encore de motifs pour le haïr, il en avait déjà beaucoup d'en être jaloux (1).
Filelfo s'était emporté contre Cosme et ses partisans, à propos des dépenses de l'Etat et d'une réduction qu'on voulut faire sur ses appointements; il répandit sur eux des torrents d'injures, dans une suite de satyres. Sa haine se dirige particulièrement contre Niccolo Niccoli, qu'il traite d'envieux, d'ennemi des gens de bien, d'emporté, de perfide, de blasphémateur; il lui reproche de se vautrer dans les plus infâmes voluptés.
Il y avait un an à peine que Cosme était banni, lorsque le parti du peuple se releva et le rappela dans sa patrie. Ses ennemis durent fuir à leur tour. Tremblant pour luimême, Filelfo se réfugia à Sienne. Poggio saisit l'occasion pour se venger de l'orgueilleux professeur. Il écrivit d'abord, à Cosme, une lettre pour le féliciter de son heu-