‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 13 sur 169 · Ch. Nisabd cf · texte numérisé non relu

Ch. Nisabd cf

XXVIIl INTRODUCTION

Après avoir lu la première invective et la première satire,ou se demande ce que, par la suite, pourront encore se dire les deux adversaires. Eh bien! le répertoire eslinépnisable, l'injure va crescendo, l'ordure déborde à flot ; les libellistes cherchent l'un et l'autre à se surpasser en violence. Quoiqu'il en soit, Filelfo paraît avoir eu l'avan- (ag-e dans ce combatpeu glorieux, mais il ne le dut qu'aux armes dont il se servit. Une invective en prose est une massue lourde et difTicile à manier; tandis que les traits de la satire, aiguisés par la poésie, blessent souvent plus profondément.

Quatre fois, dans l'intervalle de quelques années, les deux adversaires se lancèrent à la figure les crachats de l'invective et les traits de la saliro, puis un beau jour ils se réconcilièrent. Comment? On dit que c'est à la sollicitation de Cosme de Médicis, qui avait lui-même fait sa paix avec Filelfo. Les détails manquent, c'est dommage, caron aurait vwulu voir comment ces deux hommes, après s'être publiquement déshonorés l'un l'autre, s'y sont pris pour se réhabiliter à leurs propres yeux et s'embrasser ensuite.

De la part de Filelfo, la réconciliation ne fut qu'apparente, car aussitôt la mort de Cosme, il eut l'occasion d'écrire, pour se défendre de s'être attiré la haine des plus illustres savants : « Qu'à la vérité, il avait toujours profondément méprisé trois des plus illustres drôles à qui il ait jamais eu alTaire; c'est-à-dire Niccoli, Poggio et Pietro Candido, égotits infects de toutes les méchancetés, de toutes les saletés qui sont l'apanage d'une vie déshonorée. ))

Poggio, de son côté, dans ses Faccties, Irànsmelira àla postérité le nom de Filelfo d'une façon plus durable, que l'auteur même des satires n'aura pu le faire, il lui infligera le s( eau du ridicule, en le mettant en scène dans un de ses contes, d'une manière si drolatique, si burlesque, i}uo le rôle (|u'il lui fait jouer dériderait l'homme le plus

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