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lleginatique et le contraindrait à sourire, malgré le rigorisme de sa pudibonderie. Le rêve de François- P/iilclp fie inventé de toute pièce par Poggio, a été imité par Rabelais, La Fontaine, et quantité d'auteurs de France ou d'ailleurs.
Vers 14o6, pendant le conseil de Bâle, Poggio prit des dispositions pour se préparer une demeure à l'heure delà retraite. Il acheta une maison de campagne en Toscane, dans l'agréable territoire du Valdarno.
Poggio reçut alors des magistrats une marque de considération fort honorable. Un brevet formel l'affranchit, ainsi que ses enfants, du paiement des impôts et de toutes les autres taxes publiques. La Seigneurie de Florence moliva cette faveur sur la communication que Poggio venait de lui faire, de la résolution de finir ses jours dans sa patrie, et sur ce que ses occupations littéraires le mettaient dans l'impossibilité de supporter les mêmes charges que tous les citoyens de Florence, qui avaient la faculté de s'enrichir par le commerce ou par des emplois lucratifs (1;.
Quand il eut fait l'acquisition de sa maison, délicieuse retraite encombrée de manuscrits précieux, de statues antiques et d'objets d'art, il voulut y mettre un gai rayon de soleil, qui illuminât tout autour de lui. Poggio, alors âgé de cinquante cinq ans, songea à contracter une union légitime, à prendre une femme qui put faire la joie de ses derniers jours et prendre soin de sa vieillesse.
Le mariage de Poggio, dit Alcide Bonneau, (2) est un curieux épisode de sa vie. Ses amis l'adjuraient depuis longtemps, de faire cesser l'irrégularité de sa conduite. Chargé de fonctions ecclésiastiques, sans cependant être engagé dans les ordres, il ne semblait pas redouter le discrédit que ses mœurs jetaient sur lui; il s'amusait
l. Shepherd cf. p. 234.
?. .\LriDK Bonneau. Un vieillard doit-il se marier? p. VIII.
ÏXX INTRODUCTION
même à rire aux dépens des autres. Mais à mesure qu'il vieillissait, les reproches devenaient plus vifs et il arriva même à l'un de ses protecteurs, le cardinal de Saint-Ange, de le tancer un jour vertement. Ce prélat ayant été très malheureux dans son entreprise militaire contre les hérétiques, Poggio se permit à son égard, un léger persiflage. Un homme aigri par les revers s'irrite facilement des saillies d'un esprit caustique, aussi le cardinal de Saint- Ange fut-il vivement blessé de la lettre de Poggio, et son humeur éclata dans la réponse qu'il lui fit, lui déclarant qu'il en prenait bien à son aise pour un homme perdu de réputation, qui avait une maîtresse et desbàtards. C'était là le refrain que Poggio entendait continuellement autour de lui, depuis quelque temps. A cela, Poggio répondit sur un ton badin : — « Vous me reprochez d'avoir des enfants, ce qui ne convient pas à un homme d'église, et de les avoir eus d'une concubine, ce qui est un déshonneur pour un laïque. Je pourrais vous répondre que j'ai des enfants, ce qui n'est pas défendu à un laïque, et que je les ai eus d'une concubine, ce qui esl la coutume des ecclésiastiques depuis le commencement du monde... Quant à vos conseils sur le genre de vie que je dois suivre, je vous déclare que je ne dévierai pas de la roule que j'ai suivie jusqu'à présent. Je ne veux pas être prêtre; je ne ve-,ix pas de bénéfices... (1). »
Trois ans après, les conseils du cardinal revinrent à sa mémoire, ses passions fougueuses s'étant calmées, fatigué d'ailleurs de sa vie agitée, il porta un œil d'envie sur les soins et les alTections domestiques, qui augmentent les charmes ^et adoucissent les chagrins de la vie humaine, il résolut de prendre une compagne pour ses vieux jours, et son choix tomba sur Vaggia (2), fille de Ghino Menente de Biiondelmonte, d'une famille distinguée, et ill'épousa