Irtf/f/j'a diminutif de Servnggia
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dans les derniers jours de décembre 14;i5. Celte jeune fille avait dix-huit ans et six cents florins de dot, mais les considérations de fortune influèrent très peu sur le choix de Poggio, il préférait assurément la jeunesse, la beauté et les vertus de , son épouse à tous les trésors du monde.
Sans doute, avant de contracter ce mai'ioge Poggio pesa longuement les avantages et les inconvénients qui pouvaient résulter de la grande disparité d'âge, on en a la preuve dans diverses lettres et surtout dans son dialogue : Un Vieillard doit-il se marier? dans lequel il a mis toute son ingéniosité, car c'était sa propre cause qu'il plaidai*. Il s'agissait pour lui, non seulement d'excuser le mariage d'un homme de son âge, ce qui après tout, n'est pas un crime, mais surtout de démontrer, par vives raisons, que c'est avec une jeune lille,non avec un veuve qu'on doit se marier à cet âge. Ni Poggio, ni Vaggia n'eurent lieu de se plaindre de cette union (1).
La résolution de Poggio de changer de conduite et de contracter un mariage légitime est sans doute digne d'éloge, mais quels durent-être ses remords quand il se vit forcé d'abandonner sa vieille maîtresse? se demande Shepherd. Cette maîtresse avec laquelle il vécut près de trente ans, au vu et au su du public, étaitune femme mariée nommée Luccia, de laquelle il eut quatorze enfants, dont quatre seulement vivaient encore au moment do la sépa-
1. Charles Xisarcl, dans les Gladiateurs de la Republique des lettres, prétend que Pocrgio eût du émettre une théorie absolument inverse que celle qu'il a soutenue dans son dialogue et y conformer sa conduite, puis il termine par ces paroles par trop sévères : « Il est sûr qu'il n'y a que des motil's honteux qui puissent déterminer un houime, dans les conditions où était Poggio, à agir comme il a fait, et les motifs sont ou la cupidité, ouïe libertinage, ou la vanité, quelquefois les trois réunis. Mais qu'on choisisse celui qu'on voudra, il est également sur que Pogîîio, uialyré toutes ses belles phrases, a cède à l'une ou à l'autre». T. I, p. liG-li?.
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l'iitioii (•! avaient ngc d'iioiiimt'. l'oggio ne semble j>as s'être laipsf» importuner outre mesure par les remords; à |iarlir de son mariage, son ancienne femme et ses enfants pai-aissaient avoir été pour lui, comme s'ilsn'cxistaicntpas. Laurent Valla. dans sa mauvaise humeur contre son adversaire, prétend que Poggio les laissa tranquillement mourir de faim. C'est une énormité qui n'a aucun fondement. Il paraît, au CDntraire. ([ue les enfants naturels avaient acquis la légitimation i)ar deux actes authentiques, dtmt le premier est une bulle pontilicale ot le second un décret de la (Seigneurie de Florence qui, en considération du retour de Poggio dans son pays natal, l'exempta, lui et ses fils, de tout impôt et cela trois ans avant son mariage. Ces fils légitimés conservaient tous leurs droits, même dans !e cas où leur père auraitd'autres enfants. Rien n'empêche donc de croire que Poggio assura, de façon ou d'autre, l'avenir de la fenune qu'il quittait et des enfants qu'il avait eus d'elle, remaicjue judicieusement Alcide Bonneau; que s'il n'en a plus parlé jamais, cette absence de préoccupation et de la sérénité de son esprit à leur égard, témoignent précisément en faveur des dispositions qu'il avait du prendie.
Au bout de deux ans de mariage, Poggio eut un fils. (1438; qu'il nonuna Pietro-P<iolo et i{ui fut le premier di^ sa nouvelle et nomlireuse famille.
Kn 1 V'iO, toujours confiné dans sa retraite, Poggio publia un JHalo<^uc sur la Noblesse, qui accrut beaucoup sa réputation; on en loua la sagesse, le plan et le style, La conclusion que Poggio place dans la bouche de son ami Niccolo, est en faveur de la théorie de Platon contre celle d'Aristoto: il déclare que la vei-lu est la véritable source de la noblesse.
Au cours de son dialogue, Poggio passe en revue la noblesse de quelques Etats, or voici ce qu'il dit sur celle de France, au xv= siècle: « Les Français ont sur la noblesse des idéfs uniformes: les nobles de ce pays habitent la
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(anipagne et plaignent ceux d'entre eux qui sont contraints de demeurer dans les villes, méprisent les marchands .^omme une race d'êtres vils et dégradés; la prodigalité et l'insouciance de l'avenir, y sont les traits distinctifs d'un caractère noble. Les bourgeois opulents et les feudataires des barons recrutent incessamment, en France, l'ordre de la noblesse. Dès que les fils des négociants, ou môme les commerçants retirés des affaires, ont acquis une terre et (ju'ils vivent à la campagne de ce revenu, ils entrent dans une sorte de noblesse secondaire, et transmettent à leurs descendants l'état de l'aristocratie; les grands barons décorent d'un titre nobiliaire, les terres qu'ils donnent à leur serviteurs et à leurs officiers. »
Le principal interlocuteur de ce dialogue était Laurent (leMédicis, frère de Cosme; cet homme illustre mourut peu après, le 23 septembre 1440. Sa perte faisait regretter à Poggio, à la fois un frère, un père ou un ami il). Tant que celui-ci vécut, il put impunément négligerla fortune; Laurent prévenait ses embarras et ses besoins.
Poggio, reconnaissant, se hâta de composer l'éloge funèbre de ce grand Florentin.
Poggio eut, pendant cette période, d'autres deuils à déplorer, ses meilleurs amis Xiccolo Niccoli, Nicolas Albergati, cardinal de Sainte-Croix, et Leonardo Bruni moururent successivement à peu d'années de distance. Il soulagea sa douleur en payant un tribut à leur mémoire, par d'éloquentes oraisons funèbres.
Eugène IV étant mort le 23 février 1447, le 6 mars, le cardinal Thomas Parentucelli fut élu pape et prit le nom de Nicolas V.
Aussitôt que le fils du petit médecin du village de Sazano fut élu pape, en dépit de sa pauvreté, de sa naissance roturière, de son extérieur si peu imposant et de sa jeu-
!. PoGGi opéra, p. "278.
XXXIV INTRODUr.TIO
liesse, (il n'avait que quarante-cinq ans) Poggio s'cm pressa de lui rappeler le passé, par une lettre de félicitations dans laquelle il exposait éloquennment les espérances et les vœux des humanistes : « Je vous en supplie Saint- Père, ne laissez pas effacer de votre mémoire le souvenir de vos anciens amis; au milieu des soins de toute sorte qui vont vous accabler, ne négligez pas celui de penser à eux. Faites que l'on trouve beaucoup d'hommes semblables à vous, alin que ce siècle voie refleuiir les arts libéraux, qui semblent à peu près morts et disparus par la faute du temps. On attend de vous seul, ce que tantd'autres ont négligé de faire. A vous seul revient la charge et l'honneur de rondrc aux études scientifiques, leur ancienne dignité et leur ancien lustre, de faire revivre les arts les plus nobles. » Et Poggio savait bien que sa requête irait droit au cœur du pape. En effet elle fut favorablement écoutéeetNicolas V fit une place encore plus large aux humanistes, qui furent bientôt assez nombreux pour former une véritable cour des Muses et qui prirent une telle situation qu'il fallutcompter aveceux ; leurarrogancemêmesemanifesta maintes fois, ainsi que leurs vaniteuses prétentions. Ne prétendaient-ils pas, par exemple, avoir dans les cérémonies,lepassurlesévôques, euxqui pourla plupartétaient desimpies clercs ou plus ordinairement des laïcs sans mœurs et qui pis est sans foi ! Tous ces hommes, sous l'iniluence d'une passion excessive pour les beautés des écrivains classiques, arboraient franchement l'étendard du paganisme, prétendaient tout modeler exactement sur l'antiquité, les mœurs, les idées, rétablir la prépondérance de l'esprit païen et détruire radicalement l'état de choses existant, considéré par eux comme une dégénérescence (1). Le choix de tels hommes a été un problème pour les historiens ecclésiastiques et Pastor écrit : « C'est là une de ces fautes qu'on ne peut ni comprendre ni excuser. Gomment