‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 17 sur 169 · PoGGi Opéra · texte numérisé non relu

PoGGi Opéra

"2. Nicolas Conti avait visité la Syrie, la Palestine, la Babylonie la Perse, les Indes, Cevlan, le Malabar, Sumatra et la Chine, puis à son retour, Calicut, l'Ethiopie, la Mer Rouge, l'Egypte. Ati Caire, il perdit sa femme. E.sfln, après un voyage de vingtcinq année?!, tl rentra à Venise, sa patrie, en 1444. Ses récits exercèrent presque autant d'influence que ceux de Marco Polo. Le pape Eugène IV s'y intéressa si vivement, qu'il roleva Conti de sa lausse apostasie (le voyageur, pour plus de facilité et de sécurité, avait pris les vêtements orientaux et simulait les pratiques de la religion musulmane), sans autre condition que de raconter sincèrement ses aventures à Pogtrio. La rédaction latine fut traduite en portugais par Valentin P'eruandez. sur l'ordre du roi Emmanuel, et une traduction italienne en fut faite par Giombattista Ramusio.

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^ue sur l'Hypocrisie, dirigé contre l'anli-pape Félix \', Amédée de l^avoie, puis sa traduction latine de l'Histoire de Diodore de Sicile — qu'il dédie, enlémoignagedereconnaissance au souverain pontife, enfin, sa version latine de la Cyropédie de Xénophon qu'il eut la malencontreuse idée de dédier à Alphonse d'Aragon. Les Napolitains, jaloux, décrièrent Poggio auprès de leur prince, qui eut la faiblesse de prêter à des critiques intéressés, une oreille trop complaisante. Le malheureux auteur fut fort alî'ecfé de celte déconvenue, et jura de saisir la première occasion de rétracter tout ce qu'il avait dit à la louange du prince.

Parmi les partisans de ce dernier, un des plus fougueux adversaires de Poggio, en cette occasion, était un certain grec, Georges de Trébizonde, devenu secrétaire de Curie, homme d'un savoir médiocre et d'une réputation surfaite. C'est un des types les plus antipathiques des Grecs de l'époque : vaniteux, fanfaron et querelleur, il se faisait haïr de tout le monde. Sous l'effet des critiques des vrais savants, la célébrité de cethomme décrutrapidement. Peutêtre cette disgrâce aigrit-elle son caractère et devint-ellil'origine de ses violents démêlés avec Poggio.

« Nicolas "V" s'était montré peu scrupuleux dans le choix de ses collaborateurs, écrit l'historien des Papes de la Renaissance (1). Il devait se produire des scandales; c'était inévitable. Comme Florence, au temps de Niccoli, Home devint le théâtre d'une chronique scandaleuse dont les savants fournissaient le sujet. Pendant des années, ou n'entendit parler que des querelles acrimonieuses des latinisants contre les grécisants, ou des grécisants ou des latinisants entre eux. Ce qui s'échangea d'accusations et d'injures est inimaginable. Parfois même, on en vint aux coups. »

L'animosité entre Georges de Trébizonde et Poggio linit par éclater au théâtre de Pompée, où les secrétaires

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