‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 18 sur 169 · Pastor, cf., I. II, p · texte numérisé non relu

Pastor, cf., I. II, p

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du souverain ponlife s'étaient réunis pour corriger, entre eux, certains documents de la chancellerie; elle fut occasionnée par quelques remarques satyriquesde Poggio sur le style du grec, son confrère. Les premiers mouvements lie Georges furent terribles, il frappa violemment le vieux Poggio au visage; celui-ci furieux, ne se contenta pas de lui proposer un duel, il rendit, sur le champ, coup pour coup; les deux adversaires se battirent sans armes, avec une telle furie, que leurs collègues eurent toutes les peines du monde à les séparer; et après s'être réciproquement meurtris de coups, ils convinrent dévider leur querelle à la pointe de l'épée, Le Pape lui-même dut s'entremettre. A la suite de cet esclandre, Georges, dont l'inutilité était démontrée, fut exilé de Rome, il se réfugia à Naples où il fut accueilli avec empressement.

En liSO, année de Jubilé, un prodigieux concours de pèlerins se rendit à Rome et concentra dans cette ville le foyer de la peste qui menaça toute l'Italie. Le Pape fut obligé de se réfugier pendant les chaleurs, à Fabriano, dans la marche d'Ancône, jusqu'à ce que l'abaissement de la température eût fait diminuer l'intensité du fléau. Poggio profita de ce changement de résidence du pontife, pour aller voir sa petite maison du Valdarno et renouer desrelations avec ses vieux amis.

C'est pendant ces vacances forcées, qu'il utilisa ses loisirs à préparer la publication des Facéties, volume qui devait le plus conti'ibuer à sa renommée, tout en l'égarant sur les vrais mérites de l'auteur. C^e livre eut en effet une vogue générale, éclatante et populaire; il se répandit à la fois en Italie, en Allemagne, en France et en Angleterre. Il en sera parlé ultérieurement.

Poggio, durant son séjour momentané à Terranuova reçut la visite de Benedetto Aretino, célèbre jurisconsulte, de Niccolo de Foligni, habile médecin et do Carlo Aretino, chancelier de Florence : ces hôtes furent accueillis avec une cordialité empressée, et leur conver-

XXXVIIl INTRODUCTION'

satien lui fournit les matériaux d'un ouvrage intitulé : Histoire Coni'ivale ou w Propos de tables contradictoires », qu'il dédia en l'iSl, au cardinal Prosper Colonna.

Le 24 avril liSo.la place de chancelier delà République étant devenue vacante par suite de la mort de Carlo Aretino, la réputation de Poggio,son dévouement à la famille de Médicis, alors toute puissante en Toscane, fixèrent sur lui les suffrages de ses concitoyens, qui l'appelèrent à un emploi que deux de ses amis avaient successivementoccupé avec distinction.

La perspective des honneurs dont il allait jouir dans sa patrie, ne lui fit pas quitter sans un amer chagrin, la cour pontificale, où il exerçait depuis environ cinquante et un ans, des fonctions honorables quoique peu lucratives; mais la tristesse brisa particulièrement son cœur quand il prit congé de l'illustre pontife qui l'avait comblé de nombreux témoignages d'estime et de bonté (1).

Nicolas V lui-même, ne le vit pas partir sans regret, il lui permit de conserver, à titre honorifique, la qualité de secrétaire pontical, ce dont se montre fort scandalisé, le récent historien des papes de la lionaissance, le docteur Pastor (2).

Ce n'est pas sans regret non plus, que Poggio dit adieu à tous ses vieux amis éprouvés, à tous ces compagnons des bons et des mauvais jours, à tous ces savants parmi lesquels il occupait une place éminente, à tous ces joyeux compagnons du bugiale et des villini des environs de Rome, où l'on devisait si joyeusement et si librement sur tout et sur tous, voire même sur le souverain pontife.

Poggio quitta définitivement Rome au mois de juin l'iSo et vint à Florence, prendre possession de la charge éminente qu'il tenait de la confiance de ses compatriotes.

Il reçut bientôt une nouvelle preuve de l'estime publi-

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