‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 25 sur 169 · Spéculum oculare · texte numérisé non relu

Spéculum oculare

LX INTRODUCTION

nynie, par nu huinine tel que Jean Reucliliii, démontre (léremptoirement le crédit et l'autorité du professeur.

Guillaume Tardif n'était pas moins estimé des savants de France, et Louis de Rochechouart, évoque de Saintes, l'un des érudits amateurs les plus estimés de l'époque, aimait et approuvait le maître, à la louange duquel il composait une pièce de vers latins, que Guillaume Tardif publia en tête de son édition de Solin.

Ce n'est point ici la place de parler des œuvres de Guillaume Tardif, nous nous contenterons de parler seulement de sa traduction de Pog'gio.

La Renaissance italienne avait pénétré en France et l'art nouveau avait tout rénové; comme tous ses contemporains, Guillaume Tardif s'était laissé entraîner dans le courant. C'est par songoùt pour Htalie; par ses aspirations vers l'inconnu, vers l'avenir, qu'iPappartient réellement à cette époque, et c'est par là aussi, qu'il tient sa place dans la Renaissance française; son contingent dans l'œuvre commune est léger, mais il compte au milieu des tentatives de l'esprit nouveau.

« Comment se termina la carrière de Tardif ? Même incertitude que pour ses débuts. Il lleurit, suivant Du Bouloy, jusqu'à la fin du x\« siècle — c'est bien vague. C'est en vain que nous avons interrogé nos archives, registres etobits, dit M. Charles Rocher, pour savoir où et quand trépassa Tardif. La mort a hien tenu son secret (1). »

C'est encore au compatriote de Guillaume Tardif, à celui qui a restauré sa mémoire en sa ville natale, que nous emprunterons cette appréciation de la traduction de Poggio('J).

« Sous certains rapports, les œuvres de ce genre

1. Charles Rocheh. Introiluclion à (J. Tardif, i. Ibid. p. 08.

IMRODLlTlU.N l,\l

peuvent être regardées comme utiles et même nécessaires; elles aident à l'histoire et forment une des pièces indispensables de ce musée secret, qu'il faut bien se résoudre à parcourir lorsque l'on veut se rendre compte des temps qui ne sont plus. Comment comprendre une époque si on ne l'iuterroge dans toutes ses manifestations artistiques ou littéraires... Ce livre est un témoignage, il évoque des tendances, des habitudes intellectuelles, un régime disparu . à ce titre, il faut le relire. Il est clair que cette œuvre est un signe du temps. Voilà Tardif qui met une foule de turpitudes en bon français pour divertir son maître, le roi de France. Un tel écrit et un tel personnage en disent plus long sur le xv* siècle que bien des sermons et des dissertations! Il est donc vrai qu'en supprimant cette traduction des Facéties on perdrait un élément critique important, sur Charles VIII et son entourage. » Ce n'est pas seulement un échantillon de style, mais encore un curieux reQet des mœurs qui régnaient aux environs de 1480 sur notre sol et venaient d'outre-monts.

< Tardif, dit Anatole de Montaiglon, ne forme point une exception; ses libertés, dont il messiérait d'adoucir l'audace, s'excusent d'autant plus, étant donné le lieu où s'écoula sa vie, qu'il ne semble guère s'en douter, et qu'il encadre, vis-à-vis d'un gros mot, d'une facétie très leste, et cela sans malice, une pensée irréprochable, une rétlexion sincèrement religieuse. Au demeurant, Tardif est chrétien et honnête homme ; ses défauts, ou si l'on veut, ses vices, ne lui appartiennent pas en propre, ils lui sont inoculés par l'atmosphère ambiante. S'il eut vécu de notre temps, il aurait, selon toute apparence, offert l'exemple de la régularité et du bon goût. »

Il faut que les amoureux quand même du moyoa âge en passent parla. « Nous valons mieux que nos pères sous le rapport des mœurs publiques et des délicatesses de bien vivre ».

L'œuvre de Guillaume Tardif n'est pas une traduction

LXII îNTRODUCTION

littérale, c'est plutôt une adaptation, une imitation parfois, où percent davantage lës'mœurs françaises et où le sel gaulois domine la causticité italienne.

Que l'on prenne par exemple la xxxvi« facétie qui est là xxvii^ du recueil de Tardif et que l'on compare la traduction ci-dessous avec notre traduction littérale.

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