I.XVIII IM'HODUCTU
ainsi, » dislPoge, « que les futurs, comme dit est, vueil- Icnt incréper ce présent livre pour les causes dessus dictes, je leur répondz que j'ay leu en ^plusieurs lieux noz prédéces'^eurs très saiges et plus grands hommes en science que nous ne sommes avoir acquis grandes louenges et grans honneursen prenant délectation euFacécies, Narrations de fables et Dictz joyulx, gardée tous jours honnesteté, et no reputoyent pas y'celle choses villes ne dignes de l'épréhension, mais de louange, parquoi il me suffist prendre, si alléguer les faits d'iceulx pour mon exéusation, et ce que plus désoneste pour moy je répute, c'est le temps que j'y ai perdu en choses inutiles, loquel eust mieulx valu que je l'eusse employé àdescripre aulcunement aulcune chose joyeuse selon l'inimitation de noz saiges maistros prédécesseurs comme ainsi soit que le labeur de ce faire ne soit point des honneste, mais lont l'oué les saiges et réputé comme convenable et nécessaire aux gens de bien pour tant premier que celluy qui ce faict évite oysiveté et si donne cause aux lecteurs et auditeurs de son livre de l'éviter et souvente foys retourne leurs pensées de aulcunes mauvaises cogitations; avecques ce il est utile, mesmes aux gens contemplatifs et studieux, de récréer leurs entendemens paraulcune manière de jeulx honnestes pour les ramener à hilarité et plaisance. » Et par ainsi, dit Poge, Florentin, la manière de son livre et respond à ceulx qui la vouldi'oyent blasmer. Api'ès se excuse de procédi'r à son livre touchant les parollcs et l'éloquence; disant ainsi : « Eloqiienciani vero, etc. ; « je trouve » dit l*oge, « chose moult difiicile, fors à celluy qui est bien curi(^ux, scavoir mettre grande rétliorique et user de liaulte éloquence en parlant de petites choses, comme exprimer Facéciesen laforme ou le dit joyeultd'aultruy.ainsicomme il a esté dit, comme il soit ainsique plusieurs choses sont qui ne pourroient deumement en plus a ornéement estre racomptées qu'en la manière que ceulx d'ont ils procèdent leii racomptent, combien (jue aulcuns vouldrent estimer
IMUOIUCTION LXlX
(jue je dyi' cecy pour escuser la coulpe de mon entendement, auxquelz je me consens, non vouilantprendre arrogance en may de dire que mieulx faire ne pensent, mais les exorle et supplie., se mieulx faire scaivent qu'ils le facent, alfm que de la langue latine en nostre vieil aage nous puissions aulcune chose acquérir; car en ce monstreront-iis la heautté de leur entendement et ne soyent pas si vigoureux indicateurs que il veuillent du toutblasmer et vitupérer notre présente œuvre, spécialement de inoy qui l'ai escript et en ay fait au mieulx que je ay peu, car en ce que j'ay faict, n'a point esté pour ofTenceraulcun. mais seullemenf pour passer le temps et donner à mon espérit aulcune récréation »
Ainsi linist Poge, le Préambule de son Livre puis commença la narrative ainsi comme il s'ensuvt :