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remplir, mais que l'extrême discrétion qu'elles exigeaient était presque incompatible avec sa grande jeunesse. La vérité était que Leonardo avait un concurrent émérite, Jacopod' An gelo, son ancieni'i val à l'université de Florence, mais de beaucoup plus âgé que lui et, peut être aussi, mieux à la cour, où il était connu depuis plusieurs années. Poggio prit une part très vive aux chagrins de son ami. Sur ces entrefaites, le pape Innocent ayant reçu des lettres du duc de Berry, qui exigeaient une réponse dans des formes toutes spéciales, prit le parti d'ordonner à chacun des compétiteurs de rédiger des projets qui seraient lus et examinés par une commission spéciale. Or, il arriva que les rédactions de Leonardo réunirent tous les suffrages , le pape, abandonnant ses premières préventions, accorda aujeune homme, l'emploi de rédacteurdes lettres pontificales ; cette communauté d'occupations unit encore davantage Poggio et Leonardo dans une intimité sans nuages, que la mort seule, après de longues années, vint interrjmpre (I).
Innocent VII étant mort au commencement de l'année l'iOe, la lutte reprit entre le pape d'Avignon, Benoît XIII, Ift nouveau pape romain Grégoire XII, et les cardinaux qui nant à peine d'élire ce dernier, s'empressèrent de le il(''poser pour le remplacer par un troisième pontife qui ])v\l le nom d'Alexandre V. Les employés de la chancellerie romaine consultant, les uns leurconscience, les autres leurs intérêts, suivirent les cardinaux ou restèrent lidèles à Grégoire. Leonardo fut parmi ces derniers tandis que Poggio. se tenant dans une prudente réserve, en ne prenant parti ni pour l'un ni pour les autres, se retira à Florence et se lia étroitement avec un autre érudit, Niccolo Niccoli. Poggio reprit bientôt ses fonctions près d'Alexandre V avec son ami Leonardo, qui s'était à son tour, retiré à Florence, où il exerça momentanément les hautes fonctions