LES FACÉTIES T)E I'0<1(;E
« Vous pouvez la i)ayer très facilement. — Que veux-tu dire, repartit la dame. — D'un seul coup, affirma le paysan. — Tu veux rire, reprit la dame, mais viens tout de même chez moi et nous ferons marché. « Arrivé à la maison, le jeune homme ne voulut pas changer son prix et la dame se décida à l'accepter. Mais comme dans la dispute elle eut le dessus, quand elle réclama l'oie, le paysan refusa en disant qu'elle ne s'était pas soumise, que c'était lui au contraire qui avait eu le dessous. Ils recommencèrent donc l'affaire et le jeune homme se conduisit admirablement. La dame réclama alors l'oie, le paysan refusa derechef, prétextant qu'ils étaient simplement quitte à quitte, car il n'avait accepté que pour effacer l'affront qu'il avait essuyé. Ladiscussiondurait depuis longtemps déjà, quand le mari rentra ; il s'enquit de ce qui se passait. — « Je voulais, expliqua la femme, te régaler d'un bon repas et ce maudit-là veut m'en empêcher, il était convenu avec moi de vingt sols, luaintenanl qu'il
NOYE : Rusticus corpos vendus, fabella. — La Fontaink. Contes. A femme avare, galant escroc, p. 123, édition Garnier. — Collé : l'oinédie sous le même titre. — Le SiiKje de La Fontaine : La double altitude, t. I, p. 76, et Le Mortier (Mola) imité par Francisco Swertus: Poet. liehj. delicias. — Bbuklian. Facetiu' : Faclum cuju-dam Francigenro, L. 3, p. 183. — Riiçiia- venalis, p 73. — d'Ouville. Contes : Subtilité d'un homme pour faire déclarer son voisin cocu par lui-même, 11 partie. — Roçjevliontenips en belle humeur. — Contes à rire ou Récréation française, t. 2, p. 128. — Nouveau.r contes à lire, p. 63. — Mérakd DE Saint-Just : lispièçflerics, Joyeusetés, etc., t. I, p. 138. — NoGARET : iViuV.s parisiennes. — Imbert : Nouvelles Historiettes en vers. Le marché rompu, p. IS!).
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est entré, il change d'avis et réclame deux fois plus — Hé ! hé ! s'exclama l'homme, il ne faut pas que pour si peu de chose, nous ne puissions faire un bon repas. Tiens, voilà ce (|ue tu réclames. » Et le paysan s'en alla, après avoir tiré profit de la femme et du mari.
De V avare auquel on fit boire de V urine l.
Un de nos collègues de la Curie, homme d'une avarice sordide, venait souvent à l'heure du repas de ses domestiques et goûtait leur vin pour voir s'il avait été assez étendu d'eau. Il donnait à entendre qu'il n'ag"issait ainsi qu'afin de se rendre compte de la bonne qualité de la boisson. S'étant aperçus de ce manèg^e, ses gens complotèrent et mirent sur la table, à l'heure oiî le visiteur était attendu, de l'urine fraîche à la place du vin. Notre homme arriva, en effet, avala d'un trait l'urine, puis, crachant et vomissant à demi, il quitta la salle avec de grands gestes, poussant de grands cris et proférant mille menaces contre les auteurs de ce tour pendable. Les domestiques, de leur côté, terminèrent le repas au milieu des éclats de rire. L'instigateur de cette mauvaise plaisanterie m'a raconté plus tard le fait ; il en riait encore.
1. De avarn qui luinam derinstavit. Opéra LXX. — Noël l, 78. — LiSEuxLXX. p. 11-2.
Confession incomplète cVun berger l.
Certain pâtre, habitant de cette partie du royaume deXaples où le brigandage est un métier, vint un jour pour se confesser. Agenouillé aux pieds du prêtre : — «Pardonnez-moi, mon Père, dit-il en pleurant, car j'ai grandement péché. » Le prêtre l'exhorte à faire un aveu sincère, mais le pénitent s'y reprend à plusieurs fois avant de parler, comme un homme qui a commis un crime épouvantable. Enfin, sur les instances du confesseur, il finit par dire : « Un jour de jeûne, comme je faisais du fromage, quelques gouttes du lait que je battais, ont jailli dans ma bouche et je ne
. 1. De (juodam paatore simulatim confttente. Opei-a LXXI. — Noël I, 79. — RisTELHUBER XXXVl, p. 54. — Ltseux, t. I, p. 113.
— Stan. Jui.lien, Siao li Slao (Journal asiatique), t. IV, p. 103.
— B. DES PÉRiERS, nouv. XI: Du pi-ebstre et du masson qui se confessoit à luy. On peut rapprocher de celte facétie, le conte suivant :