I.F.S FACKTIKS DK l'fXitiK
s'empresse cr<»l)tenir, à prix d'argent, qu'Hector, brave guerrier, ne serait pas si tôt mis à mort. Le récit fut donc remis au jour suivant. La dupe paya de nouveau, paya encore, afin de prolonger la vie du héros. Enfin, l'argent étant venu à manquer, il dut se résignera entendre raconter la mort du guerrier, et pendant le récit il versa d'abondantes larmes, en donnant des marques d'une profonde douleur.
De la femme qui fît celle qui est cV moitié morte '.
Un bonhomme de S arda, village de nos montagnes, surprit sa femme en flagrant délit avec un voisin. Aussitôt celle-ci fit mine de s'évanouir et se laissa choir à terre, comme si elle était morte. Le mari s'approche, croit que sa femme est morte, et, tout en larmes, se met à la frictionner. Olle-ci, comme reprenant ses sens, entr'ouvre peu à peu les yeux. Son mari lui demande alors ce qui lui était arrivé, elle lui dit qu'elle avait été frappée de frayeur ; or, comme pour la rassurer, l'imbécile lui promettait tout ce qu'elle désirerait ou ordonnerait : — « Je veux, dit-elle,
1 . De iiiullicrc quir ne rirn itemiinorliiain oslendit. Opéra LXXXI \'. — XoEL I. 86. — LisEux LXXXIV, t. I, p. 13.3,
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que tu jures ((ue lu u'as rieu vu. » Aussitôt qu'il eût juré, la femme contrefit celle qui revient à la santé.
Bonne plaisanterie iViin chevalier flx^rentin ^.
Hosso de Ricci, chevalier florentin, homme très courageux et austère, avait une femme vieille et fort peu jolie, nommée Telda. Il jeta les yeux sur une servante de la maison et, comme il l'importunait très fréquemment, celle-ci crut devoir en informer sa maiiresse. Telda conseilla alors à cette fdle d'accéder au désir de Rosso, et de lui donner rendez-vous dans un endroit obscur, où elle irait, elle, Telda, en son lieu et place. Rosso vint; en ettet, caressa longuement sa femme, qu'il prenait pour la servante; mais, pris tout à coup de défaillance, il ne put rien faire. — « Ah! chevalier de merde! s'écria la femme, si c'eut été la chambrière, tu n'aurais pas raté ton coup. » Le chevalier répliqua : — « Oh! Telda, ma mie, pardieu! ce compagnon-là a bien plus de nez que moi. Car, si j'ai pu te prendre pour la chambrière, il ne s'est pas
1. Faccla jocnlio milili!; florentiiti. Opéra LXXXV. — Xoel I, S.S; Jl. 8S-!)n. — (?iuii,LAU.MB Tardif, 1. LVII : D'un;,'- chevalier rifii-enlin qui cuidait tenir sa chambrière el il tciioit sa l'ininie, LUI, p. 15.'). — LiSEUX, t. I. ]). 13'i. — X. Vinia Diualiir, fabella : citée dans Milet, t. H. p. SS.
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trompé, lui. Dès qu'il a senti ta sale charog-ne, il est rentré chez moi ù reculons. »
En ceste Facécie est réprouvé le vice de ceulx qui veulent honnir leur maison ainsi que RolTus, qui eust esté content d'avoir violée en sa maison une bonne preude fille, ce que jamais homme de bien ne doit faire, mais la doit delTendre et garder. D'aullre part y est monstre une belle condition que doyvent avoir tous loyaulx serviteurs, c'est de jamais ne vouloir faire deshonneur en la maison de leur maître, non plus que la bonne chambrière de RofTus qui. pour supplications, admonestemens de dons ou promesses, oncques ne voulut consentir à la volenté de son maîstre qui la requeroit de deshonneur 1 .
Du chevalier qui avait une femme trop bavarde -.
Un gentilhomme de Florence, appartenant à la haute noblesse, avait une femme très méchante
1. « La bonne vieille édentée se trompait fort, de croire qu'à cause que la nuit tous les chats sont Çiris. ils soient aussi également aimaljles. Al)us: certaine chose met de la difitërence entre chair et chair. Quand on vient à prendre une place, quelque t'avurable que soit la capitulation, il est impossible de profiter de sa conquête, si la place est démantelée. En fait de prise, le plus irrand profit qui revienne au conquérant, c'est le bon état des fortifications; dès qu'elles sont ruinées, la place est une bicoque à charge. (Ri'(lexio)i de l'édition d'Amsterdam).
"2. De milite qui iixorcm habebat liliqiosam. Opéra LXXXVI. — XoEL I, .s8. — Le.\f.\nt, t. II, XXVI, p. 190. — RistelhuberXLIII, p. Iii3. — Li?EL-x. t. I. p. 1.36.
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et surtout fort babilJarde. Elle allait chaque jour se confesser à un leligieux, ou, comme on dit ordinairement, à son Directeur, et lui révélait les méfaits et les défauts de son mari. Le confesseuin'épargnait en conséquence au chevalier ni ses observations, ni ses ré[)rimandes. Un jour, la femme ayant demandé au prèire de mettre la j)aix dans son ménage, celui-ci engagea le mari à venir se confesser à lui, moyen assuré de rétablir l'harmonie et la concorde entre les époux. Le gentilhomme consentit, mais lorsque le religieux l'invita à commencer l'aveu de ses fautes : — « Ce n'est vraiment pas la peine, dit le pénitent, car ma femme vous a souvent raconté toutes les fautes que j'ai pu commettre et bien d'autres encore '. »
D^ un charlatan qui soignait les ânes '-.
Il y avait autrefois à Florence, un homme audacieux et roublard, qui n'exerçait aucun métier. Ayant lu, dans un livre de médecine, le nom et