‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 61 sur 169 · Oratores · texte numérisé non relu

Oratores

3. Jeanne II, reine de Naples, née en 1370, morte en l'i35. Klle était fille de Cliarles de Durazzo, roi de Naples, et de Mariruerite de Durazzo. Jeanne succéda (1414), à son (Vère Ladislas. Elle était alors veuve de Guillaume d'Autriche, son premier mari, dont elle n'avait pas eu d'enfants. Avant de monter sur le trône, elle s'< tait éprise du comte Pandolfello Alapo, selon les uns son échanson, Sflon les autres son maître

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individu nommé Francesco, était docteur en droil^. quoique fort ignorant. Lorsqu'il eût fait connaître à la reine l'objet de sa mission, celleci le convoqua à une nouvelle audience pour le lendemain. Or, dans l'intervalle il entendit dire que la Reine ne dédaignait pas les hommes, surtout cjuand ils étaient bien râblés. Urdonc, s'étant présenté à l'audience de la Reine, après avoir parlé de diverses choses, il lui dit qu'il désirait l'entretenir en particulier. Croyant qu'il avait auprès d'elle une mission secrète, dont il ne pouvait l'entretenir devant tout le monde, elle le fit venir dans une chambre retirée, et là, notre triple sot, qui avait de lui-même la meilleure opinion, demanda à la reine de coucher avec elle. Celleci, sans se troubler, jeta un coup d'oeil sur l'homme et dit : — « Est-ce que les Florentins vous ont chargé de faire cette démarche ? » L' ambassadeur interloqué, rougit. Alors, sans plus s'émouvoir, la reine le congédia en l'engageant à se faire donner un mandat en règle. ]

d'hôtel. Leur commerce tenu secret pendant le règne de Ladislas» ne fut plus un mystère pour personne lorsque Jeanne eut hérité (le lo couronne de Xaplos. Elle le nomma son grand chambellan et lui accorda toute sa contiance. Après lui avoir donné ditrhistorienOrainoune, (7 doiniiiio dcUa pcrsona. elle lui donna (/ domiiiico (lel rcijno. Pandolfelio se montrait tort jaloux dos seigneurs, à qui la reine lérnoignait de la bienveillance, craignant toujours que la fantaisie ne lui prit de se remarier; ce fut edectivement le parti auquel elle se di'cida, sur les instances de son conseil.

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D'ttii homme qui coucha avec le diable sous la

forme d'une femme

Cincio, un très docte personnage île Rome, m'a conté plusieurs fois une histoire imllement risible, et qu'un de ses voisins, qui n'était j)oint un imbécile racontait comme lui étant arrivée. Voici le fait : Cet individu, une belle nuit que la lune brillait de toute sa splendeur, se leva, croyant que c'était le petit jour, pour aller à sa vigne. On sait que les Romains ont Iha bitude de bien soignerleurs vignes , Après avoir passé la porte d'Ostie, (où il dût même éveiller les gardiens (jui dormaient), il remarcjua qu'une femme marchait en avant de lui. Pensant que cette femme allait faire ses dévotions à Saint- Paul - et sentant tout à coup monter en lui l'envie de forniquer, il hâta le pas, se mit à suivre la femme, pensant, comme elle était seule, arriver facilement à ses fins. A un coude du chemin, étant tout près d'elle, il la saisit dans ses bras, la coucha par terre et la prit de force, sans cjue celle-ci proféra la moindre parole. Quand 'ce fut

1. l)i hoiniiie qui rliabolum iit imaqitie mulieris cori>ioril. Opéra CVI. — Noël I, IKi: II, 119. — Liseux CVI, t.' I, p. 166. — D. Otho Melandiu, Joco-Scria : De Milite quodam, p. 31. — De Rosset: Histoires tragiques de noire temps.

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