‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 7 sur 169 · VofiQ] Opéra (Iradnit par Shkphebd : l,ifc of Pi>(]fl<a · texte numérisé non relu

VofiQ] Opéra (Iradnit par Shkphebd : l,ifc of Pi>(]fl<a

INTRODUCTION XVII

de précieux maiiuscrils. et que Poggio se liâla de meltre à exécution, dès les premiers jours du printemps. Ni la rigueur de la saison, ni l'état déplorable des routes ne purent le détourner de son dessein; avec une persévérance et une activité étonnantes, il se rendit plusieurs fois aux lieux qui lui avaient été signalés comme devant contenir les objets de ses recherches. Son zèle infatigable fut récompensé par la découverte d'un grand nombre de manuscrits des auteurs classiques, que les admirateurs de l'antiquité désiraient en vain depuis longtemps. Sa principale expédition fut à la célèbre abbaye de Saint-Gall, en compagnie de ses amis et collègues, Cincio Kustico et Barthélémy de Montepulciano. L'abbé, qui était alors Henri de Gundellingen, accueillitlesvoyageurs avecbienveillance et leur ouvrit, non seulement la bibliothèque, mais encore une tour dans laquelle on avait transporté un grand nombre de livres, tant à cause de l'incendie qui détruisit presque tout Saint-Gall, en 131i, qu'à cause des troubles qui désolaient depuis longtemps le pays (1). D'après le récit de Cincio, les irois explorateurs trouvèrent dans la bibliothèque, les trois premiers livres et la moitié du quatrième des Argonautiques de "Valérius Flaccus, l'abrégé de huit discours de Cicéron, par Asconius Pedianus Laclance : de utroqiie Iiomine ; l Architecture de Vitruve, le Commentaire de Priscien sur Virgile, et un livre écrit sur écorte. « Celui-ci, dit Cincio, bien qu'il contint des caractères peu lisibles et fort incomplets, je le pressai sur mon cœur avec vénération à cause de son âge. >i Quant à Poggio, il raconte qu'il trouva dans la tour, un Quintilien entier, mais souillé d'ordures et de poussière (2i. Il mentionne aussi Flaccus et Pedianus, dont les manuscrits étaient comme ensevelis dans des cachots

1. Weidmann, (rcsrhichie dn- Bibliollick vo)i S. Gallen, 1841. d'après P. Rislelhuber.

Z. Quelques auteurs ont prétendu à tort qu'il avait trouvé le O'iiiiliJirri chei un ciiarcutier de Con^tance.

XVIII INTRODUCTION

obscurs et humides, au fond d'une tour où l'on n'aurait même pas, selon son expression, voulu jeter des criminels condamnés à mort (1). L'abbé de Saint-Gall, peu soucieux de ses trésors, laissa Poggio et ses amis emporter tous les manuscrits qu'ils voulurent, et le chroniqueur Riiliner parle même de deux voitures pleines, qui furent dirigées sur Constance.

Encouragé par ses amis et mis en goût par les résultats heureux de ses premières recherches, Poggio continua de voyager en Allemagne et en France, fouillant les réduits les plus secrets des couvents. C'est dans un de ces voyages qu'il découvrit à Langres, chez les moines de Cluny, le discours de Cicéron pour Cœcina, qu'il se hâta de transcrire pour l'envoyer à ses amis. Les vieux auteurs qui doivent leur résurrection aux laborieuses recherches de Poggio, sont en si grand nombre, que l'on pourrait presque dire qu'il a ressuscité la littérature antique. A ce métier, il usa sa santé et appauvrit sa bourse car, d'un côté il dut suffire seul à la besogne, par suite delà maladie qui retenait Bartholomeo de Montepulciano, et de l'autre, payer de sa bourse et ses dépenses personnelles et celles de Nicolas de Trêves, qu'il employait à des recherches dans les monastères d'Allemagne, où il ne pouvait se rendre luimême (2). Ce ne fut cependant que l'eiïet d'un moment, car, toute sa vie, il se passionna pour la recherche des vieux textes, dont la découverte faisait sa joie la plus pure ainsi que le bonheur des humanistes ses contemporains, presque tous ses amis et ses admirateui's.

Entre temps, pour se reposer et reprendre haleine, Poggio fit une excursion aux bains de Bade, pendant l'été delH5, etil écrivit à cette occasion à son ami Niccolo Niccoli, une lettre, véritable tableau des mœurs des cités

Page 1