‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 8 sur 169 · P. RisTELULiiKR. l^cs coulcs (h Poffijv, ïnlrod · texte numérisé non relu

P. RisTELULiiKR. l^cs coulcs (h Poffijv, ïnlrod

2. Nicolas do Tn-v, s trouva entre autres dou/e comédifts de Plaulf.

INTRODIXTION XI \

balnéaires allemandes au coinnienceineiit du (luiiiziéiiie siècle (1).

« Celte scène de mœurs fort piquante, dit Antony Mei'oy (2), nous oiïre une nouvelle preuve de l'instabilité de la mode. Le Bade qui lui sert de cadre, n'est pas celui où l'on allait naguère exposer sa bourse, bien qu'il soit, comme lui, placé à quelques milles des rives du Rhin. Au temps où le Bade actuel n'était encore qu'un maigre village, celui dont parle Pogge était la capitale assez opulente d'un petit comté allemand devenu suisse, et englobé maintenant dans le canton de Zuri("h. Si la faveur publique a changé le lieu de ses récréations thermales, cette descrii)li()n nous apprend qu'au moyen âge déjà, les bains étaient un simple prétexte de distractions. Baden-Baden était hier encore, on le sait, un rendez-vous de chercheurs et de chercheuses d'aventures, une exposition permanente de personnages plus ou moins officiels, plus ou moins célèbres, et surtout un vaste salon de jeux.

« Les baigneurs de Bade-llelvétie étaient surtout, au dire de Pogge, des gens pleins de sanlé. en quête de sensations d'amour et de voluptueuses impressions. Les amants, les galants, les femmes sensuelles, les stériles aspirants à la fécondité, celles qui désiraient montre;' leurs étolfes d'or et d'argent, et les formes que celles-ci revotaient, s'y rendaient en foule. Au milieu de ces réunions bruyantes et avides de plaisirs, quelle figure auraient pu faire des malades et des infirmes"? Les pauvres diables (|ui cherchent la santé du corps se trouvaient là, comme dans tous les bains adoptés par la mode, en très faible mintM'ité. »

Bien que la ville de Constance, pendant la durée du

1. La traluclion de cette let'.re est à la suite des Facclies. V. Anfonin Meray. Introduction à sa traduction delà lettre de Po2:ge : Les bains de Bri'le. — Eililion I. Lisenx.

XX INTRODUCTION

Concile, ail été absolument transformée (1), que les plaisirs et les distractions de toutes sortes s'y fussent donné rendez-vous, il ne paraîtra pas étonnant que sur l'immense quantité d'étrangers venus là, ils s'en soit trouvé un très grand nombre qui aient éprouvé le désir de s'aller distraire en un lieu aussi pittoresque que Bade, "attirés surtout par la renommée des mœurs éti'anges de cette station balnéaire. Les gens d'églises, cardinaux, prêtres, moines, comme les grands seigneurs, les mondains et les soudards, fréquentèrent assidûment les eaux de Bade, se souciant fort peu de l'opinion publique, qui n'avait pas alors les préjugés et la morale d'aujourd'hui.

1. La Liste des membres du Co)nih' et des autres élraïujers fjui se trouvèrent alors à Constance, par Gebhard Daciier, comprend : princes, députés, chevaliers, etc., l'.30(); prélats, prêtres, théologiens, 18.000: laïcs, 80.000, dont : orfèvres, ^55; marciiands détaillants, 330; banquier.^, 242; cordonniers, 70; pelletiers, 48; apothicaires, 4'i: forgerons, 92; confiseurs, 7.5; boulangers, 250; cabaretiers pour les vins d'Italie, 83; vivandiers, 43; changeuri de monnaie, 48; tailleurs, 228; hérauts d'armes ou crieurs publics, 65; Boutïons, bateleurs, jongleurs. 340; barbiers, 306; courtisanes, environ 700.

Mais à propos de ce dernier article, Daclier ne fait mention que des femmes dont il put trouver la demeure. La Liste de Vienne porte le chiffre des femmes publiques à 1.500 ('). En dehors de ces femmes qui faisaient ouvertement leur commerce, il y en avait nombre d'autres que leur situation ou leur pudeur relative retenaient dans l'ombre. Du reste, le commerce de la galanterie allait très bien, et si les bouquetières s'enrichissaient en vendant une fleur de lis un 5ol, trois roses un sol, un ciloyea de (constance put s'acheter une maison, après avoir vendu sa femme 500 ducats aux employés de la chancellerie du Roi def Piomains ('*) et certaines courtisanes pouvaient se retirer avec 800 florins d'économies ('*').

C) Itetn XVC Mereirices raçiabiiiidœ. (Liste de Vienne).

(**} Llem (juidam eicis ('ousta)itiencis rendidit u.rorem suam cancellariis Jieqis pro VC ducutis, pro (fuilnis pecuriiis euiit domum. (Ibid.).

(***J Item dicitur. (jinul ini't iiie)rtrir lurraln est VHIC porenos (Ibid.)

hNTRODlCTlON \X1

Le uouveau souverain pontife, Martin V, ayant levé les séances du Concile le 22 avril 1418, à la satisfaction générale, quitta lui-même Constance le Ki mai suivant; Poggio l'accompagna dans ses pérégrinations, car en raison des troubles qui régnaient alors dans ses Etats, il fut impossible à ce pape de regagner la Ville éternelle. Martin V se dirigea d'abord vers SchalTouso etprit ensuite la route de Genève, où il arriva le 17 juin: le 12 septembre seulement il en repartait, traversait les Alpes et venait successivement, s'établir à Milan et à Manloue.

Poggio, qui ne paraît pas avoir eu, alors, d'emploi à la cour de Martin V, sortit inopinément de Mantoue avec une telle précipitation, qu'il ne dit même pas adieu à se amis les plus intimes. Un silence mystérieux, et sans doute motivé, cache les véritables motifs de sa résolution ; peut-être eut-elle pour cause le chagrin de voir complètement évanouies toutes ses espérances de fortune; peutêtre aussi, fut-il réduit à prendre la fuite pour se soustraire aux persécutions qu'aurait pu lui attirer la liberté de ses opinions sur les alïaires de l'Eglise et à propos de laquelle son ami Leonardo lui avait donné de si salutaires avis(l).

Poggio se réfugia en Angleterre auprès de Beaufort, évêque de Winchester, qu'il avait connu à Constance. Ce prélat, connu sous le titre de cardinal de Beaufort, parent du roi d'Angleterre, jouissait d'une prodigieuse fortune. Il avait engagé Poggio à le venir trouver, lui promettant monts et merveilles et il ne lui donna qu'un maigre bénéfice, ne s'occupa nullement de lui, soit qu'il n'en eut pas le temps, soit plutôt, qu'il n'en eut pas la volonté. Seul, éloigné de ses amis, dans un pays de mœurs indilTérentes, privé de livres, n'ayant rien pour lui rappeler sa chère antiquité, Poggio, abreuvé de dégoût et dévoré d'ennui, s'éloigna bientôt de ce pays barbare, revint au gai soleil

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