‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 79 sur 169 · I.KS FACETIES DE POCJdE · texte numérisé non relu

I.KS FACETIES DE POCJdE

Ditii marchiuid qui faisait l éloge (/(' S(t femme > .

Certain marchand faisant l'éloge de sa femme, en présence d'un seigneur dont il dépendait, aftirma. entre autres choses, que jamais elle n'avait fait un pet. l'^tonnement du seigneur qui ne peut croire la chose: — «Je te parie un bon diner, dit-il, qu'avant trois mois cela arrivera bien des fois. » Le lendemain, le seigneur lit demander au marchand de lui prêter cinq cents ducats d'or, promettant de solder son emprunt dans la huitaine. La somme paraisssait bien forte au pauvre diable et ce ne fut qu'à regret qu'il consentit h remettre l'argent. Le jour impatiemment attendu de l'échéance étant venu, le préteur alla réclamer ses écus. Le seigneur, simulant une grande gène, et disant qu'il était obligé de faire face à des engagements urgents, sollicita du marchand un nouveau prêt, en promettant de rendre le tout avant la lin du mois. Le bonhomme ne céda pas

1. De mercalore qui. laudando u.rorem snatn, asse)-el)'it cnm nntiquam crepilum ivlidisse. Opéra CLXXXIV. — Guii lau.me Tardif : Du marchant qui se vanta que jamais sa femme n'avoit fait de pet au lict, LXXXVIII. — Xokl I. l'.)4; II. 131. — Liseux. t. II. p. 102.

Qui securi (Innitinnt. Par.silypi. liv. 111. antore sai|i. Kn.-, 1031.

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de suite, allégua sa jiauvreié, mais à la lia, craii;nant de perdre le moulant de son premier prêt, il compta, en soupirant, cinq cents autres ducats. Rentré chez lui ijieii triste, la tète à l'envers, en proie à toutes sortes de préoccupations et d'inquiétudes, il passait les nuits sans sommeil. Pendant ces veilles, il entendit maintes fois sa femme se soulager en dormant. Le mois étant écoulé, le seigneur fil venir le marchand : — « Kh bien, ditil, peux-tu prétendre maintenant (]ue tu n'as jamais entendu péter ta femme » — « Hélas! avoua le marchand, en confessant son erreur, cela est arrivé tant de fois, que ce n'est pas un diner, mais tout mon patrimoine qui y passerait. » Là-dessus, l'argent ayant été rendu, le repas fut payé. Bien des choses échappent à ceux qui ont le sommeil lourd.

Vin ceste I-'acécie sont l'eprins le paresseux et non diUgents qui n'ont point de sollicitude en leur famille, carung bon mesnager doit avoir tant de soing et de sollicitude à l'entour de ses négoces qu'on ne devrait rien l'aire en sa maison, pas sa femme ung pet, qu'il ne le sçoust; mais ainsi n'estoit pas le dict marchant, qui gagea que sa femme n'avoil jamais fait pet et la cuydoit pour tant qu'il n'en avoit rien ouy, car. incontinent qu'il estoit couché, il s'endormoit sans avuii- aulcun soulcy, et pour ce luy emprunta le gentilhoiiinie son argent, alFin de luy donner soing, dont il perdit le dormir, et veillant tant qu'il oyt le pet de sa femme, dont il perdit le soupper, mais il en bout sa pari.

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Sa:^i' rc/uynse a un (((loinnidlciir '^ .

Louis de Mai-silio - , df l'Ordre des Augustins, qui habitait il y a peu de tenîps Florence, était un religieux d'une giMUile intelligence et dune profonde doctrine. Devenu vieux, il avait élevé et initié aux belles lettres, un jeune homme sans fortune, nommé Jean, son compatriote. Nous lavons connu, il était très instruit. Certain Florentin, son condisciple (quelques étudiants assistaient aux leçons du niaitre ), poussé par la jalousie, se mit à décrier sournoisement Jean auprès du vieillard. Cette délation se répétant souvent, Louis de Marsilio, véritable modèle de sagesse, demanda au calomniateur depuis quand il connaissait son camarade : — « Depuis un au, » ré-

I. Sipii'iitissiiiin rcsponsio conU-a (lelractonein. Opéra (XXXX^'. — Noël I, 1%; II, 131. — Lenfant, t. II, XLVI, p. -211. — Ris-

TELHLHER LXXX. 109. LiSELX t. II, p. 104. G UICCIARDINI : ffoJT

(fi Recreaziotte : Gli hoinini costanli, p. 1 iO.

5. Mirsilio devint supérieur d'un couvent d'Augustins silué dans la province de Pise. Sa r putation litlérjire lui procura des fonctions dans la chancellerie de la République de Florence, et en 1:)82, le gouvernement Toscan le mit au nombre des Di^gociateurs (ju'il chargea de conclure la paix entre Charles de Hongrie et le duc d'Anjou. 11 s'acquit une telle estime parmi les Florentins, que la Seigneurie de cette République pria Bonitace de le nommer évèque de Florence. La lettre qui fut écrite à cette occasion a été rapportée par Mehus dans sa Vie d'.\nibrosio Traversari. (fi).

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pondit-il. — <' Je m'étonne, répliqua le vénérable maître, que tu te croies assez habile, ou que tu me juges assez dépourvu de raison, pour aflirmer que tu as connu, en un an, la nature et le caractère d'un jeune homme, mieux que je n ai pu le faire depuis dix ans qu'il vit avec moi. )> Sage réponse qui, en flétrissant la méchanceté du calomniateur, rehaussait le mérite du calomnié. Si cet exemple était suivi, les envieux et les détracteurs seraient plus circonspects.

P/û/sante /•épouse à l'usage de (jiirhiucs évê<ines ^ .

Un ami ayant questionné le même Louis de Marsilio, sur la signification qu'avaient les deux pointes dont sont terminées les mitres : — * L'une symbolise l'Ancien Testament, répondit-il, et l'autre le Nouveau que les évêques devraient savoir par cœur. » L'interrogateur ajouta : — « Que veulent dire les deux espèces de bandelettes qui retombent de la mitre sur les reins'-.

1. fnccla iTspdiisiu iiiidlis cjiiscdpis (niDniimninta. Opéra CLXXXVI. — NoKL 1, l'JT. — Lknfant, t. Il, XLVII, p. -IVl. —

HiSTELHUHER LXXXI, p. III. — I.ISEIX, l. II. p. 10(i.

"2. Les deux fanons qui pendent de la uiilre sont les cordons qui servaient à tenir celle coid'uie dans .son étal primitif. l)ktiointnirv tics niiliijniirs Chir-iciiin's. par l'ahlié .Marligny. 1865.)

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