‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 88 sur 169 · Amulette, talisman · texte numérisé non relu

Amulette, talisman

3. Cette phrase, en très mauvais latin de cuisine, n'csl qu'un

262 LES FACÉTIES DE l'oGOE

Il faut convenir que Tincantation est on ne peut plus iafaillible pour éviter la fécondité.

En ceste Facécie n'est touché si non la légiereté de croire qui fut en la dame, croyant que ung brevet la peut garder de concepvoir ; mais est à supposer que la bonne voulenté qu'elle avait au Saint luy faisait faire le pèlerinage et quelque excuse qu'elle fut, n'estoit que par couvertun' d'aucune honte qu'elle avait.

Spirituelle réponse ri un eiifiint précoce^

Ang-elotto, cardinal romain, esprit caustique, prompt à la riposte, parlait beaucoup et la prudence n'était pas toujours son fait. Pendant le séjour du pape Eugène, à Florence, un enfant de dix ans, charmant, espiègle, lui fut présenté. Fort

jeu de mots qui roule sur le sulistantif italipn in^cn qui sin-nific poche, sac. besace, (jibeciève et un laiigag'e vulgairo renlre. Il faut aussi remarquer que le mot .syic désigne la robe de bure monastique droite et sans taille, c'est-à-dire en forme de sac. Eiilm le mot tasca en langage ordurier signilie rulia, et dans cette phrase, il serait employé, la première fols, par métonymie, ce qui arrive très fréquemment. I.a signifiration de ce latin bizarre serait donc : yourie flans l'etnbai-ras; ne le fais pas cheraucher, si lu )ic roi.r pas le faire emplir le rentre.

1. Ciijusdani pueri )niran(la lesponsio in Angelollinn carclinaleni. Opéra "211!). — <',L'iLt.AUME Tardif : Une joyeuse responce d'un sage enfant à un fol cardinal, XCVl, p. 2(i:i. — Noël I, 218; II,

2()l--20'>. — RiSTELHUHER XCll. p. 124. — LiSEOX, t. II, p. 139. — Ubsinus V'jiLiL's, dans hetilifr pnelantm qermanornm. « Scitum puella r(\sponsiuin » — Le Passe-lemps açirrahle, p. 381. -

avisé, il adressa quelques mots seulement au cardinal, et des mieux tournés. Angclotto frappé du sérieux et de la tenue de cet enfant, lui fit quelques questions auxquelles celui-ci répondit avec à propos; se tournant alors vers ceux qui l'entouraient, le Cardinal, dit : — « Ceux qui dès l'enfance montrent tant d'esprit et de connaissances, voient, avec les années, leur intelligence décroître et lorsque vient la maturité, ils ne sont plus que des imbéciles, » Le gamin répartit sur le champ : — « S'il en est ainsi, vous avez dû être de bien bonne heure aussi savant que spirituel. » Brusque et plaisante réponse (|ui abasourdit le cardinal honteux d'être repris de sa sottise par un enfant.

En ceste Facécie sontreprinz les solz et oullre-cuydéz qui tant présument de leur personne que il leur est advis

liABATON : PorKics. L'Eut'ant spirituel. — « Quand ils ont tant d'esprit, les entant-i vivent peu », Casimir Del.wigne : f,es Enfants d'Edouard, I, 2.

ÈPIGRAMME Comme un jour à la cour d'un célèbre monarque, Devant je ne sais quels courtisans orgueilleux, Un enfant de six ans, d'un esprit merveilleux. Prononçait des propos très dignes de remarque. L'un d'eux jura qu'un jour il serait un badau, A cause qu'étant grand on est toujours lourdau. Quand pendant son enfance on s'est montré si sage: Lors l'enfant l'œilladant, lui dit tout froidement : Au compte, Monsieur, pendant votre bas âge. Vous étiez donc doué d'un grand entendement I

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