LE MIRACLE
Certain curé de son canton l'oracle, (irie à PieiTot : — « Cours à mes paroissiens Leur annoncer qu'à l'instant je reviens Pour leur prêcher l'histoire et le miracle Des deux poissons ainsi que des cinq pains I>ont le Seigneur n 'urrit la multitude Qui le suivit jusqu'en sa solitude. »
Alors Pierrot dit : — « Monsieur le Curé, En l)eau surplis, en beau bonnet carré, A'ient expliquer comment dans l'Evangile En un désert et loin du grand chemin, Pains et poissons au nombre de cinq mille. D'autant de juifs apaisèrent la faim. » Pierrot revient, rend compte du message, Dit qu'on a ri, que même on rit encor. — « Je crois bien, peste soit du butor I Maudit lourdaud, avec ton verbiage!
C'est donc ainsi que tu rends mes leçons! C> n'as-tu dit cinq pains et deux poissons. Il auraient ri, monsieur, bien davantage. »