‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 97 sur 169 · I.KS FACETIKS 1>K I>()(1GF · texte numérisé non relu

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renée, son ennemie ; beaiicouj) de ,i:entilshommes s'armèreni })Our défendre leui- patrie et atta- <] lièrent l'armée im[)ériale dans ses retranchements. Un des plus fanfarons, a[)j)artciiant à une illustre famille, étant monté à cheval, armé de pied en cap, franchit les portes de la ville en gourmandant la lenteur des autres, leur rei)rochaat d'aller doucement comme des lâches et criant que fut-il seul, il marcherait à l'ennemi. Après avoir ainsi parcouru un mille, galoi)ant toujours et ne ménageant pas ses bravades, il rencontra quel- ([ues blessés qui revenaient de la lutte déjà commencée, il ralentit le ])as de sa monture ; jtuis, lorsque le bruit du combat vint jusqu'à lui et <[u'il eut aperçu de loin la mêlée, il s'arrêta comme pétrifié. Un de ceux cjui avaient entendu ses rodomontades lui ayant demandé pourquoi il n'avançait pas. il répondit, après avoir réfléchi un instant : — <■ Je sens que je ne suis pas aussi intrépide que je le supposais. » Il faut bien se rendre comi)te de son courage et de sa vigueur, pour ne jamais promettre i)lu5 qu'on ne peut tenir.

iitciilaii-esde Montluc, t. J^ p. 412 et t. II. p. "iOl, éd. de la Sociélé de l'Histoire de France. Frédéric ne mourut pas à Buonconvenlo, mais à Fiorentino, dans la Capitanate. Voy. sur lui Simpson : Esquisse d'une histoire delà liltérafitre italienue. (K.)

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D'un liominc qui demeura deux ans sans boire ni manger ^

Le fait que je vais narrer semblera, je le crains, plus fabuleux que le reste, car il s'agit d'une chose contre nature, tenant du prodige ; on peut cependant y ajouter foi, car il a été reconnu vrai. Un nommé Jaccjues (]ui, sous le pontificat du pape Eugène, remplissait, à la Curie romaine, les fonctions de copiste, étant retourné dans son pays natal à Noyon (Fr.ince), y tomba gravement malade. Ce serait trop long de redire ici les péripéties de sou triste état de santé. De longues années s'étant écoulées, la pensée lui vint de visiter le tombeau de Notre Sauveur. Nicolas V occupait alors le trône pontifical depuis cinq ans. Notre homme revint donc à la Curie ; des voleurs l'ayant dépouillé en route, il arriva pauvre et à peine vêtu. Il visita les membres de la Curie, mes voisins, personnages distingués et dont il avait été autrefois connu. Il leur raconta (|ue depuis sa convalescence, cpii remontait à deux ans, il n'avait pu ni boire, ni manger, bien (ju'il eut souvent essayé. D'une maigreur excessive, cet

I. De hoiiiiiic ifui pvr hiciiiiii(ni cihinii non sumpsU nccjue pnliiiii, Opéra 2 'i7. — Xoi;i. I, ;'■">•",. — Li9Ei;\. t. Il, p. I'.)5. — Lenkam, t. Il, XCIII. p. r.v.t.

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homme est prêtre, sain d'esprit, récite assidûment son offiee et je lai vu assister la messe. De nombreux; théologiens et médecins ont eu plusieurs entretiens avec cet homme, ils ont examiné ce cas singulier <|u"ils trouvent contre nature, mais cependant tellement vrai qu'on ne peut le révo- (juer en doute. Cha(jue jour, de nombreuses personnes viennent se renseigner près de lui et les avis, à son sujet, sont partagés. Pour quelques-uns, c'est un possédé du démon, et cependant rien en lui n'ap})araît qui ne soit d'un homme prudent, honnête et religieux: actuellement encore il fait des écritures. D'autres prétendent ([ue la nature mélancoli([ue de ses humeurs lui fournit sa nourriture. Souvent, je me suis entretenu avec lui, persuadé que ce (|ue l'on racontait n'était pas exact. Lui-même est surpris autant que qui que ce soit de ce (jui lui arrive. Toutefois, il prétend n'avoir pas cessé subitement de boire et de manger, mais en avoir pris peu à peu l'habitude. Mon étonnenient serait peut-être plus grand, si je n'avais lu, en feuilletant, il y a ((uelque temps, des annales fpie j'avais copiées autrefois en France, qu'un cas analogue s'est produit en Tau du Seigneur 822, à l'époque de l'empereur Lothaire et du pape Pascal. Une jeune lille, âgée d'environ douze ans, dans la ville de Commercy 'territoire de Toul), ayant reçu à Pà(jUes la sainte communion, s'abstint d'abord de pain pendant six mois, puis se priva complètement de boire et de m.iuger pendant trois ans; par

la suite, elle reprit son ancienne manière de vivre. Celui dont j'ai rapporté l'histoire, es])ère qu'il en sera ainsi pour lui.

lyiiii âne quou devail in si mire '.

Un tyran voulant contisquer les biens d'un de ses sujets qui se vantait de réussir à tout, lui demanda, en le menaçant de peines sévères, d'apprendre à lire à son âne : — « ( Test chose impossible répondit l'homme, si je n'obtiens un long terme l)0ur faire cette éducation. » — « Prends tout le temps nécessaire » dit le maître. Dix ans furent

1. J'nceliini Jiomiiiis dicluni nsiiiKin o-iidii-c pi-oiiiilleii!is. U[)eru ',"i.S. — XoEL I, 2.58; H, 3r)7-'2H3. — Ristelhl'ber CV, \), l'i3. — LiSKCx, t. II, p. 199. — Origine : Von Pfai-fen : Aaiis, Y,181-3iri.

— Imitations : Abstenius : De gvammalica doccnte asinum 133.

— DU Eulrnspiegcl, hist. 29. — Se)i(1(iibodiiis, Novum lioneit chimicKiii. p. 1U3. — Bon. des Périers, nouv. lAXXVIII (édit. Garnier. — 'iuicciARDiNi : Coso oppo)iHna ed itlile, etc., p. 27.

— Meij T((bulario, en Valcncia — Le Tombeau de la mélancolie, p. 20.5. — Democritus ridois, p. 42. — La Fontaine : Fables, I, VI, fab. 19. — Rof/er Boicmps en belle humeur, p. 369: lîon four d'Antoine Marlinus. — Boursault : Lettres nouvelles : Le (lliarlataa et l'Ane, t. III, 39.'). — Bo«quili,on : Poésies anciennes et modernes : L'adroit esclave, I, p. 1(1!). — I). Féli\ Maria Samaniego : Fabulas en casiellauo, para cl usa del real seininario Yacconijado : Kl Charlatan. — J)cnii>critus )-ieens, p. 42. CiiRAUD : Circulalor, cité par Millet. — Esope dr belle humeur : I l'un esclave et d'un àne, p. 2f')9. — Desuillons I''abul;i' .Esop., [1 290. — Fables en musique (Unis le (foùt de l.'i l'onluitie : Le l'.h.-tlicur elle Roi. L. II, p. 42.

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