‹ Les Facéties de Pogge FlorentinChapitre 99 sur 169 · Juccucularum a colro fjuodam facela delmio. Opéra CGLVl · texte numérisé non relu

Juccucularum a colro fjuodam facela delmio. Opéra CGLVl

— NoKL, I, p. 2G4. — Guillaume Tardif. De deux jouvencelles qui conseillèrent à ung Prince de laver sa te^te en pissat do pucelle, p. 292. — Liseux, CCLVII, t. II, p. 208. — Anonyme : Jtuplex calvities, vers latins cités par Noël, p. 270.

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diront cii riant de se laver la tête avec l'urine de sa femme. Mais celui-ci leur dit en les regardant : « Votre recette n'est pas bonne, la preuve en est que depuis trente ans ma femme arrose ce petit compagnon, et cependant pas un poil n'y a poussé ».

En ceste facécie est monstre que tous oonseilz ne sont pas à croire, car il en est dont on voit par expérience quo le contraire est vrav.

Maille perd les causes ^

Enrico de Monteleone, avocat à la (^urie Romaine, était très âgé et peu apte à la profession qu il exerçait. On l'appelait familièrement : Messer perde il piato^ c'est-à-dire, Maître perd les causes. Un jour, on lui demanda pourquoi il ne gagnait pas les causes qui lui étaient confiées : — « C'est, répondit il, que tous mes clients demandent des choses injustes et dès lors, il faut bien que toujours je succombe, puisque mes procès sont continuellement mauvais ». Plaisante réponse d'un is-norant.

I. /)(• iitessn- perde il piatn. Opéra 257. — Xoiîi. I, 2G.j. — I.i- ^l,L•\, t. II. p. ^Oî».

LF.S FACETIES DE l'OGliE

D'une chanson qui ]>Iill aux auhergislcs^.

l*ress<'' parla faim, un voyageur entra dans une auberge, mangea et but à en tomber malade. L'hôte ayant réclamé le paiement, notre homme avoua qu'il n'avait pas d'argent, mais qu'il était prêt à s'acquitter en chantant quelque chose. — <( Je n'ai que faire de vos chansons, dit le tavernier, c'est de l'argent c[u'il me faut. » — « Mais si j'en chante une qui vous plaise, reprit le voyageur, la prendrez-vous pour argent comptant?» — « Soit » dit riiôte. Une, deux chansons furent exécutées, mais aucune n'eût le don de plaire. — « .Maintenant, dit le ^ oyageur, je vais vous en chanter une

1. />(' ccmtHena tabernariis placita. Opéra 258. — N'oel I, 5(i(i: 11. 271. — RiSTiiLHUBER CIX, p. 1 i7. — Ltseux, t. II, CCLIX. |). 2 lu. • — J)il EulcHspiegel. liist. 61 — Moxtanus : ïï'(Y//i'»r;(';-. — lî. DES Pkrieiîs. nouv. CXXII : De celiiy qui paya son hoste en chansons. Edit. Garnier. — Fkischlixi, fac., p. 21 : Dolus

De sa boui'ie dessus la table, Frappa, afin que je le notte Et, comme chosj convenable.

Chanta ainsi à haute notte, (! Faut payer ton hoste, ton hosle! »

Tout au long chanta ce couplet Le varlet estant costo à coste, Kespondit: « cela bien me idaist. »

La lUpiif frniirlu' du smilfii im.: .

LES FACETIES DE I>0('.«E 3l7

{jue VOUS trouverez certainement à votre goût. » Mettant alors la main à sa l^ourse comme s'il allait en délier les cordons, il entonna la chanson haljituelle des voyageurs : Metti matio alla borsa, e p(/L;a Vosle... Mettez la main à la bourse et payez l'hnte : — " Celle-ci vous convient-elle? » dit-il, quand il eût terminé. — « Assurément, » répondit lauljergiste. « Alors, d'après notre convention, nous voilà quittes puisque cette chanson vous a été agréable », dit le voyageur. Lk-dessus, il partit sans bourse délier.

A propos d'un homme ?)iai^re '.

In de nos concitoyens, et, de plus mon ami intime, est tellement maigre qu'il semble transparent, diaphane. Quelqu'un s'en étonnant demanda d'où pouvait provenir cet état : — « C'est bien simple, répondit un plaisant, il met une demiheure à prendre sa nourriture et il lui faut deux heures pour s'en débarrasser. » C'était exact. Mon ami a pour habitude d'être d'une lenteur excessive lorsqu'il se purge le ventre.

1 . De (jracili quoilam faccta respoitsio. 0|i3ra 2.")^!. — NoelI, 2GI - I.iSEUx, t H. p. -212.

Amusante ic panse cVune femme dont C encrier était vide^.

Une (lame de notre connaissance, femme <les plus honnêtes, lit cette réponse à un messager qui lui demandait si elle n'avait pas de lettres pour son mari qui était absent depuis longtemps en qualité d'ambassadeur de la République. — « Comment voulez-vous que j'écrive, mon mari a emporté la plume avec lui, en laissant lencrier vide ». Facétieuse et décente réponse.

Sur le petit nombre des amis de Dieu'-.

Un de nos concitoyens, personnage caustique, soutirait depuis longtemps d'une cruelle maladie. Un religieux vint le visiter et lui dit des paroles

1. Faci'ta responsio miilicris iniqUlarc vaciium bahenlis. Opcra CGLX. — Noël, I, 267. — Liseux. CGLXI, t. II, p. 213. — Ih-liiia; poctanim Gcnnanornin. — Passctons du sexe: « La Plume ». — La Memahianeide (Aggiunta ab libro del Perche). « Dubio- Solulione », p. 105. — Anonyme : Colamus, cite par Milet. — D'Arnaud, Œurres : « La Pliiiiie de l'Amour ».

2. Rideiida de paiicitate ainicoriun JJeirespoïisio. Opéra 2tiL — Noël I, 2(i3 ; II, 27i, — Liselx, p. 21i. — Lenfant, t. 1I,LXX1I.

p. 22 Behelian. Fficcli.i De ruslico appellaate a De«i, ail

iiposlolos, L. II, p. 107.

réconfortantes. Entre autres, il lui rappela que Dieu infligeait toutes sortes de maux à ceux qu'il aime, afin de les corriger et de les purifier. — « 11 nest donc pas étonnant, répondit le malade, (ju'il ait si peu d'amis; en les traitant de telle sorte, il devrait même en avoir encore moins. »

CCLXllî

Le moine ((licteur, le Inique et le loup '.

In frère quêteur, religieux de l'Ordre de Saint- Antoine, ayant reçu une certaine quantité de blé d'un cultivateur, lui promit que ses affaires prospéreraient cette année-là, et que surtout ses brebis seraient saines et sauves. Confiant dans ces paroles, le paysan laissa errer ses brebis à l'aventure et le loup en mangea quelques-unes. Notre homme en fut fort contrarié, et quand, l'année suivante, le prêcheur redemanda du grain, notre honnnc lui refusa net et se plaignit de l'inanité de ses promesses. Le religieux ayant demandé une explication. — « Le loup, répondit le cultivateur, m'a fait disparaître plusieurs brebis. » — « Le loup, s'écria le religieux, est une méchante bête, sans foi aucune, prends garde à elle. LUe serait

1. De Saiicli Aulniiii fraltc ot îaico ac bipo. Opéra 2G2. — Xoei, I. 268. — RisTELHUBER CX, p. l'iO. — LisEux, t. II, p. '2i:.. — Lknkant. I. Il, I.XIII, p. ni.

o;J0 LKS FACÉTIES 1>K I'0(;(;E

de force à tromper non .seulement Saint- Antoine, mais Jésus-Christ même, si cela était possible. « C'est le propre d'un imbécile de mettre sa confirmce dans les gens qui font profession de tromper.

Compensation '.

Un individu vint, soit sérieusement, soit pour s'amuser, f rouver un pr<Hre et lui dit qu'il voulait

1. De mirahili confilciili< el confessoi-is veciprocapro salisfaclimif recompensa. Opéra CCLXIII. — Nosl, I, 270; II, 27."). — Guillaume Tahdif, GIX : De celluy qui le cuydoit railler du confesseur, et le confeiseur se railla de luv, p. 295. — Ristelhuber. CXI, p. 151. — LisEux, GGLXIV, t. H. p. 216. — B. ue la Mon- NovE : Par pari. — Gerardus Dicœus : /)elici:v poelar. Itahriun : « Ad Pauluin ». — J.-B. Rousseau : Kpigram)iii\'< : « Certain fhanoine à la taille légère... », édit. Garuier.

LE PARTANT QUITTE Certain grivois, uujoiir à son curé, Se con('e.«sait et d'un ton assuré Semblait vouloir lui vantei' son mérite, (' Jai, disait-il, de mon prochain médit; Mjis par le bien qu'ensuite j'tn ai dit, .l'ai réparé tout le mal; parlant quitte. Certain bijou que l'on avait perdu, Je l'avais pris, mais je l'ai ))ien rendu; Variant quitte; et mon âme à tel point n'est méclianti.- De retenir le bien qui ne m'appartient pas ». l-^nfin, baissant la voix, il dit d'un ton jilus bas : n Monsieur, avec votre servante.

J'ai... mais comment m'acquitter de ceci ?... » Lors le curé, i>our rassurer son âme Dit: « Monsieur, avec votre femme J'en fis autant, et parlint quitte aussi ».

Gm'.oiunT.

IFS F.VCKTIES l>E l'OM.K 3il

confesser ses péchés. Le prctre liiivita à dire ce dont il se souvenait, il déclara avoir volé je ne sais quoi à un autre, lequel autre l'avait bien davantage volé lui-même. Le prêtre dit : — « Voleur ;i voleur, vous vous êtes rendu la pareille ; — il y a compensation )>. L'homme s'accusa ensuite de s'être battu avec un autre qui Lavait aussi battu. Le prêtre déclara que la faute et le châtiment se trouvaient égalisés de part et d'autre. Le pénitent raconta plusieurs faits de même nature et le prêtre disait toujours qu il y avait compensation l'un par l'autre. Alors cet individu lui dit : — « Il me reste maintenant un péché si gros que je rougis et que je n'ose avouer surtout parce qu'il vous intéresse énormément. Le prêtre l'exhorta à mettre toute honte de côté et à avouer franchement son crime, celui-ci, après s'y être longtemps refusé, cédant enfin aux bonnes paroles du confesseur, lui dit : — « J'ai couché avec votre sœur. — Et moi, riposta le prêtre, j'ai plus souvent couché avec ta mère ; comme précédemment, il y a compensation ». Ainsi donc la parité des péchés' fait l'absolution des pécheurs.

]-^n cesle Facécie est monstre, premier comme aulcuns lillement se confessent, qui, en disant leurs péchez, ilièguent ceux de leurs voysins par manière d'excuse, «jui rien ne vault. Pareillement est monstre comme on ne se doit jamais railler en soy.

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Mots pleins de sel de deux jeunes Florentins^.

Un jeune homme de Florence descendait à l'Arno en portant un de ces filets dans lesquels on lave la laine, en chemin, il rencontra un gamin bavard qui, pour se moquer, lui dit : — « A quelle chasse vas-tu donc ? » L'autre répliqua : — « Je vais au débouché du Lupanard prendre ta mère dans mon filet. » — Eh bien ! riposta le ,i;amin, cherche bien, car tu dois y trouver sûrement la tienne ». Ces mots sont l'un et l'autre pleins de sel.

GCLXVI

D'un jeune homme qui pissa sur ht table'-.

Un jeune seigneur hongrois invité à diner par un très noble Magnat un peu son allié, s'y rendit à cheval avec ses laquais, car il avait un assez

1. Biiorum Floreulinornm adolrscentinm dicta sole ^repersa. Opéra CCLXIV.— Noël, I, 273. — LisEux, CCLXV, t. II, p. 218.

2. Adolescenli confusio super mensam miiiqeiitis in conrivio. OperaCCLXVI. — NoBL, I, 272. — Liseux, CCLXVIl, t. II, p. 21':). — FuiDER. DoDEKiNDus : De moruni simplicitale : « Ocrea matula ». liv. III, ch. VI. — Beroald i>e Verville : Le Moyen de parvenir, édit. dornioi'.

LES FACETIES DE l'OfHlE 323

lont; trajet à faire. A sa descente de cheval, tout le monde, hommes, femmes, enfants accoururent auprès de lui et comme il était tard on le conduisit aussitôt à la salle à manger où le festin était disposé. Ses mains lavées, on plaça le jeune homme entre deux très jolies demoiselles, filles de son hôte. Tourmenté par un besoin d'uriner, que par pudeur il n'avait pas manifesté, et qu'il n'avait eu la possibilité de satisfaire à la dérobée, le pauvre garçon souffrait tellement qu'il ne pouvait ni manger ni boire. Tout le monde remarquant son air préoccupé et son indifférence à goûter aux mets, on l'exhortait h manger. A la iin, n'y tenant plus, il glissa sa main droite sous la table et s'arrangeait de façon à se soulager dans ses bottes, lorsqu'au même instant sa voisine de droite lui dit : — « Allons, voyons mangez donc !» — et lui saisissant le bras, elle attira la main avec ce qu'elle tenait et la table fut toute arrosée d'urine. A ce spectacle insolite tout le mond s'esclafa de rire et le jeune homme fut tout couvert de confusion.

Appropos iVune Florentine prise en flagrant délit '.

La femme d'mi aubergiste des environs de Florence, femme très libre de mœurs, était au lit avec son amant habituel, lorsqu'un autre survint dans l'escalier. La femme se précipita au-devant de lui, s'opposant avec véhémence et gros mots à ce qu'il alla plus loin, lui déclarant qu'elle ne pouvait le satisfaire pour l'instant et le priant de s'éloigner. L'homme insistait etla querelle se prolongeait, h)rsque le mari apparut tout à coup qui s'informa de ce qui se passait. La femme toujours prompte à la ruse lui dit : — « C'est celui-là qui est en colère et qui veut entrer pour battre cet autre, qui s'est réfugié chez nous, et je tâche de l'empêcher de commettre un crime. » Celui qui était caché dans la chambre entendant cela, reprit courage et se mit à son tour à proférer des injures auxquelles répondait le second feignant vouloir euTrer de force. Le mari par trop betc demanda de quoi il s'agissait, et se mit en devoir d'arranger

1. Catlidn coiisilia Florenlintr finniinr in fncinorc (Icprcliciisa-. Opora GCLXVI.— Noël, I, p. '273. — LisEux, CCLXVII, t. II, p. ll[. — EsTiENNE : Apolof/ie pour fJi'rodole, ch. XV. — Hoccack : Contes, 8° journée, O nouvelle, édit, Garnier. — Coules à lire, t. I, p. l.'ii. Leorand d'Aspy: Fabliaux :L-d Mauvaise femme, t. III, p. »04. — Varirlrs nniHsanles •' Le Men?onire excusable.

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l'atlaire; parla aux deux adversaires, rétablit la paix et cpii pi?; est leur oli'rit à boire, de sorte qu'à l'adultère de sa femme il ajouta le prix de son vin. Les femmes prises sur le fait ne sont jamais embarrassées pour trouver quelque ruse.

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