‹ Les fâcheuxChapitre 22 sur 31 · ERASTE, LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

ERASTE, LA MONTAGNE

ERASTE

^L est vray, dVn costé mes soins ont reassy:

;Cét adorable objet enfin s'est adoucy :

jMais d'vn autre on m'accable, et les astres seueres,

Ont, contre mon amour, redoublé leurs colères. Ouy Damis son tuteur, mon plus rude fâcheux^ Tout de nouueau s'oppose aux plusdouxde mes veux, A son aymable nièce a deffendu ma yeu6, Et veut, d'vn autre Espoux la voir demain pourueuë. Orphise toutefois, malgré son desaueu.

Daigne accorder ce soir vne grâce à mon feu ; Et i'ay fait consentir l'esprit de cette belle, A souffrir qu'en secret ie la visse chez elle. L'amour ayme sur tout les secrettes faueurs; Dans l'obstacle, qu'on force, il trouue des douceurs; Et le moindre entretien de la beauté qu'on ayme, Lors qu'il est deffendu, deuient grâce suprême.

COMEDIE. 6i

le vais au rendez-vous : c'en est l'heure, à peu prés : Puis, ie veux m'y trouuer plustost auant qu'après.

LA MONTAGNE

Suiuray-ie vos pas ?

ERASTE

Non, ie craindrois que peut-estre A quelques yeux suspects tu me fisses connoistre,

LA MONTAGNE

Mais...

ERASTE

le ne le veux pas.

LA MONTAGNE

le dois suiure vos loix :

Mais au moins si de loin...

ERASTE

Te tairas-tu, vingt fois?

Et ne veux-tu iamais quitter cette méthode.

De te rendre, à toute heure, vnvalet incommode !

(?^È/Sè^

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