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Biologiquement, c’est un corps très actif ; à haute dose, il est toxique, et 13 centigrammes par kilogramme, détermine la mort chez la souris. Il élève la tension artérielle en injection intra-veineuse et détermine de la tachycardie, ainsi que du myosis. Mais surtout il présente une valeur spéciale dans le métabolisme de l’azote.
Son action sur la croissance est faible, et même discutée (OSBORNE et MENDEL) mais il est indispensable à l’entretien de la vie chez les jeunes rats. Ces animaux présentent un bilan azoté très mauvais lorsqu'ils reçoivent une ration protidique privée de tryptophane et tendent à la cachexie par dénutrition azotée. Il constitue l’élément de base de certaines matières protéiques comme la caséine et mesure leur valeur biologique. (OSBoRNE et ME- DEL). Le Tryptophane a donc plus un rôle de maintien qu’un rôle de croissance.
L'expérience de Hopkins et WiILLCOOK, déjà citée à propos de la lysine en est la démonstration. Ajouté à la zéine du mais, le tryptophane améliore l’état des animaux en expérience et leur permet de survivre. Toutefois la croissance ne reprend que lorsqu’on ajoute un facteur spécifique : la lysine.
Pour FurTx et NOBEL, il est trois fois plus abondant dans le lait de femme que dans le lait de vache. Pourtant le calcul de la teneur en acides aminés de ces laits que nous avons calculée plus loin, ne donne pas les mêmes chiffres, au contraire, mais 0,120 par litre dans le lait de femme et 0,450 dans le lait de vache.
Dans le groupe de l’imidazol, on trouve
L’histidine. — C'est une imidazolalamine, parente des purines, qui peuvent être également considérées comme des dérivés de l’imidazol.
C’est peut-être le plus important de tous les acides aminés, et l’un des plus étudiés.
Absorbée par voie buccale, elle est utilisée par l’organisme animal à l’édification de matières protéiques, et c’est un des acides aminés qui laisse le moins de déchet et semble être utilisé intégralement.
Chez le chien et le lapin, l’administration d’histidine augmente bien la teneur en acide aminé du sang, mais il ne se produit pas d’élévation de l’urée sanguine, comme c’est le cas pour le glycolle et l’alanine.
Il semble donc qu’elle ait un rôle certain sur l’entretien.
Sur la croissance, elle a un rôle très important, que Hopkins, ACKROYD, ont mis en évidence, ainsi que ROSE et Cox, ainsi que STEWART. Ajoutée ou non à l’arginine, elle détermine une accé-
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lération de croissance, jusqu’à un certain taux du moins ; si ce taux est dépassé, l'accélération se trouve affaiblie.
L’histidine présente par ailleurs de nombreuses propriétés biologiques, dans la formation de l’hémoglobine. (HoopEr, Ross- CHEIT, WHIPPLE). Injectée avec du tryptophane, l’histidine détermine une hyperglobulie et une hyper-hémoglobinémie durables, avec fixation d’azote (G. FONTÈS et THIVOLLE). Certaines anémies du nourrisson pourraient être expliquées par un apport insuffsant d’histidine et de tryptophane. Elle permet de plus aux albumines de fixer l’iode. Elle donne de l’histamine sous l'influence des bactéries. Selon O. BRIEN, 30 espèces microbiennes peuvent donner cette transformation, et l’on décèle de même cette histamine, peut-être dérivée de l’histidine, dans la graine de soja putréfiée et dans les extraits de levure. Par là, un apport exagéré d’histidine pourrait déterminer les inconvénients chez le nourrisson surtout s’il se trouve dans un état d'infection, ou s’il présente une lésion locale. On sait que l’histamine détermine une vaso-dilatation, des spasmes bronchiques, une contraction gastrique et une chute de tension, tous phénomènes qu’il faut combattre par l’adrénaline (8 mgr. 5 pour 35 mgr. d’histamine). L’histidine et l’histamine ne sont donc peut-être pas indifférentes à l’apparition du syndrome toxique, bien que celui-ci soit avant tout en rapport avec un développement cérébral incomplet et une instabilité centrale.
On sait enfin que l’histamine a une action parasympathisante sur les glandes du pancréas et la muqueuse stomacale, qu’elle élève l'acidité gastrique, augmente la sécrétion intestinale.
L'apport en histidine, s’il est favorable à certains taux, aussi bien pour l'entretien que pour la croissance ou l’hématopoïèse, ne doit pas être exagéré, sans quoi comme il ressort des expériences de ROsE et Cox, il retentit sur ces fonctions. De plus, il peut dans certaines conditions déterminées, donner de l’histamine dont un apport excessif peut amener une perturbation physiologique.
Les acides aminés présentent donc des propriétés chimiques et physiologiques variables que leur proche constitution explique assez mal. La Tyrosine ou la proline ne semblent pas servir, tandis que le tryptophane, la lysine, l’histidine semblent indispensables à l'entretien et à la croissance. La vérité est qu'ils n’agissent pas seuls, et les travaux plus récents montrent que la molécule protéique joue par le rapport de ses divers constituants entre
eux, et qu'elle est d'autant plus efficace et utilisable que le rapport se trouve à une valeur idéale. C’est la loi du minimum que nous allons envisager plus loin, c’est cette entr’aide relative des protéines les unes aux autres qui permet le phénomène de la supplémentation. Les protéines inaptes à l’entretien ou à la croissance deviennent utilisables grâce à la faible quantité d’un acide aminé qu’on leur ajoute.
Certains acides aminés méritent donc tout particulièrement le titre de facteurs de croissance, mais ils n’agissent pas à la façon d’un catalyseur, et doivent se trouver dans une certaine harmonie avec les autres acides aminés, constituant la matière protéique.
En résumé. — Les acides aminés nécessaires pour la croissance sont la Cystine, l’Histidine, la Lysine.
Le Tryptophane est nécessaire pour l’entretien. L’Histidine également.
Les autres acides aminés sont de nécessité douteuse, ou certainement inutiles.
Nous terminons en exposant la teneur en acides aminés de quelques matières protéiques courantes.
Les résultats des dosages proviennent : l’un de l’ouvrage de Madame RANDoIN, « Les données et les inconnues du problème alimentaire », l’autre du précis de chimie physiologique de M. ARTHUS. Ces résultats ne sont pas concordants, sauf pour certaines valeurs, ce qui résulte de la difficulté des dosages des acides aminés. Mais cela montre, dès maintenant, la difficulté que l’on rencontre lorsqu'on cherche à établir les besoins exacts de l’organisme en état de croissance sur le terrain pratique ; d’autant plus que le besoin de chaque acide varie selon la proportion des autres constituants de la molécule protéique, et de l’équilibre qui existe d’autre part entre les substances ternaires et quaternaires. II semble que l’on soit contraint de rester dans le domaine qualitatif, et que par conséquent il soit difficile d'exprimer par des chiffres précis les besoins en protéine de l’organisme à l’état de croissance.
ASE
Tableau des teneurs en acides aminés des diverses protéines
Lactalbumine Globuline Caséine Gélatine
Randoin Arthus R. A. F. ACTU A.
Glycocolle 0,00 0,00 -— 3,52 0,00 0,00 25,5 16,5 Alanine DUR 08 2 22 LS 0,90 8,7 0,80 Valine 0,9 — — — 402 — 0 — Leucine OR OT RD TN De 7 2,10 Phenylalanine 2,4 AL ue EE, 57 3,208. M74 0,40 Tyrosine 0,9 — — — 4,5 4,50 0,01 — Serine — 0,60 — — 0,5 0,23 0,4 = Cystine LOST SU 0 C7 0 250000? — Proline 4,0 COL SR 7 CC TOUS OMS 5,20 Oxyproline — Pr = 0,3 0,25 14,1 3,00 Ac. Aspartique 1,0 SU, Sn PES SE 12054 0,50 Ac. Glutamique 10,1 TA M ENG NT 0,88 Tryptophane 0 Trouvé — Trouvé 1,50 1,50 0 =
2,69 2,20 Babonneix Babonneix