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reste stationnaire. Rien n’y fait, ni les traitements diététiques les plus variés, ni le lait de femme, ni le régime hypercalorique ; au bout de 36 semaines, on lui donne du babeurre mélangé avec de la purée de légumes. En 6 semaines, le gain pondéral est de 1.500 gr. malgré une poussée d’otite et une broncho-pneumonie.
Ces résultats brillants sont le fait d’une protéine donnée dans un état physico-chimique convenable, selon des indications précises. Ils démontrent l’excellence de ce produit, mais cependant des réserves doivent être faites.
Le babeurre ne peut être donné très longtemps d’une façon exclusive. En premier lieu, il constitue un régime déséquilibré puisqu'il est privé de graisse, il n’est pas rare de voir la courbe pondérale des enfants soumis à ce régime présenter un fléchissement vers la deuxième ou troisième semaine, même lorsqu'il est bien toléré au point de vue digestif. En second lieu, il est pauvre en vitamines, surtout en vitamine À, et dans les longues expériences comme celle de Hans KoEPprE, il faut lui ajouter des compléments riches en vitamines, par exemple de l’huile de foie de morue. Chez les débiles et prématurés, chez les athrepsiques surtout, ce complément peut être donné sous la forme de lait de femme, cette association étant particulièrement heureuse, réalisant à la fois un apport de graisses restreint, un apport d’acides aminés de croissance et de vitamines.
Ce complément peut être apporté sous forme de légumes riches en vitamine B, comme la pomme de terre, les carottes, les feuilles vertes, sous forme de malt en paillettes. On donnera par exemple des jus de citron ou de l’ergostérine irradiée, ou bien une demi-cuillerée à café de poudre de carotte et un comprimé de levure de bière. A la fin de la première année, on pourra donner des légumes frais, cuits à la vapeur et soigneusement passés au tamis.
Grâce à ces précautions, le babeurre constitue un excellent aliment protéique de croissance. Il est indiqué comme aliment ‘e base chez les enfants atteints de troubles dyspeptiques chroniques et de dermatose lorsque le lait de vache est mal toléré — comme aliment complémentaire du lait de femme, chez les prématurés, débiles, athrepsiques — comme aliment de régime chez les enfants atteints temporairement de troubles digestifs aigus.
Le lait desséché ou lait en poudre.
Le lait sec constitue une source de protéines très maniable. Il a pris une grande place dans l’alimentation infantile. Sa divulgation joue un rôle important contre la mortalité infantile, et principalement contre le choléra d'été.
Utilisé à Lyon en 1904 par M. Rosser, il le fut surtout dans cette ville au début. C’est à Lyon que M. BIROoT présenta la première machine à dessication, basée sur le principe des cylindres chauffés. Puis, successivement, à Gand, à Bruges, à Paris, l’emploi en fut généralisé. De nombreux travaux le mirent en honneur, parmi lesquels ceux de MM. AvIRAGNET, BLocx Michel, DORLENCOURT, et PORCHER (de Lyon). En 1922, la Société de Pédiâtrie de Paris nomma une commission chargée d’étudier le lait sec. M. RigapEAu-Dumas, rapporteur, en fixa les caractéristiques, le mode d’emploi, les indications. Actuellement l’alimentation des nourrissons par le lait sec a pris une extension considérable sur tous les continents.
La fabrication en est intéressante et bien connue, après une longue période de mise au point. Deux procédés sont actuellement en faveur, procédé de dessication sur cylindres chauffés qui s’opère en quelques secondes, soit dans le vide à une température de 37-38°, soit à l’air libre, les cylindres étant portés à la température de 140°, procédé de dessication du lait pulvérisé sous forme d’un brouillard de fines gouttelettes. Les particules n’excèdent pas 10 à 50 millièmes de diamètre, et la dessication se fait en fraction de seconde, dans un air chauffé à 65°.
Le lait en poudre, une fois obtenu, est versé dans des boites métalliques scellées où il est autant que possible à l’abri de l'oxygène de l'air. Ce lait se conserve bien si l’humidité de la poudre ne dépasse pas 2,5 à 3 % et si les boites sont conservées au frais.
Teneur quantitative en protéines.
Le lait est vendu sous trois formes, selon qu'il a été préparé avec un lait de vache plus ou moins écrémé. Ce sont le lait sec non écrémé ou lait gras ; le lait sec particulièrement écrémé ou demi-maigre; le lait sec totalement écrémé ou maigre.
La même ration calorique sera fournie par un litre de lait de vache, représentant 700 calories — 125 gr. de poudre de lait gras, 146 gr. de lait demi-maigre, 174 gr. de lait maigre. Pour alimenter un enfant, il faudra donc, si l’on veut lui donner la même valeur énergétique qu'avec le lait de vache, donner davanlage de lait maigre, ce qui représentera une dose de protéines “upérieure à celle qu’on utilise habituellement, on compensera la perte calorique représentée par l’écrémage en ajoutant au lait préparé des hydrates de carbone.
En effet, une fois reconstituée par brassage dans le volume