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d’eau bouillie voulue, à la température de 65 à 70°, la teneur en protéines et variable selon les rations choisies, mais toujours élevée.
MM. DORLENCOURT et LESNÉ, ainsi que M. AVIRAGNET, emploient un mélange de 135 gr. de lait sec pour 865 gr. d’eau, ce qui représente une teneur en protéines de 40 à 50 gr. par litre. M. MÉRY recommande le mélange de 175 gr. pour un litre, ce qui représente 52 gr. de protéines.
Ces rations comportent une teneur en protéines très supérieure à celle du lait de vache. Et leur emploi courant peut comporter des inconvénients, tant au point de vue rénal qu’au point de vue du déséquilibre alimentaire qu’il détermine par une prédominance protéique très accentuée. Les indications de ces régimes hyperprotéinés nous semblent devoir être réservées.
Dans le service de M. RiBADEAU-DUMAS, on utilise un produit livré au commerce dont la composition est la suivante
Matières grasses, 12 % ; Matières protéiques, 20 % ; Lactose, 30 % ; Maltose dextrine, 15 % : Saccharose, 15 % ; Cen- ALES TM MEAIL TS, 3 070.
La dilution courante et normale est à 10 %, ce qui représente 100 gr. de poudre par litre, ou 10 gr. pour 100 gr. d’eau, ce qui revient à donner 2 à 3 cuillerées à soupe de lait sec pour 100 gr. d’eau, chaque cuillerée représentant un poids de 4,50 gr. de poudre. À
Cette dilution normale contient donc 20 à 30 gr. de protéines par litre, proportion intermédiaire entre celle du lait de femme el du lait de vache. Elle représente 0,68 calorie par gramme.
Mais des concentrations supérieures peuvent être réalisées pour les débiles, prématurés, hypertrophiques, dont la croissance pondérale et staturale est en retard, sans parler ici des indications purement digestives de ce lait.
Le lait sec et la croissance.
C’est ici qu'’apparaît l’avantage du lait sec du point de vue de la croissance. Lorsque, chez le nourrison, on a obtenu une courbe de poids stationnaire, correspondant à la ration d’entretien comme précédemment pour le babeurre, l’adjonction de 1 gr. à 1 gr. 50 (une cuillerée à café rase de lait sec par biberon, représentant 0,20 à 0,30 gr. de protéine par repas) détermine à nouveau une reprise continue de la croissance. Ces expériences montrent l'intérêt du lait sec, et sa maniabilité. La ration de croissance est alors représentée par 1,20 à 1,80 gr. de protéines par jour, pour un enfant de 2 à 3 kgr., ce qui représente comme
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pour le babeurre, 0, 60 à 0,90 gr. de protéines par kgr. et par jour. En pratique l’utilisation du lait sec est donc beaucoup plus commode que celle du babeurre.
Ces avantages sont dus aux protéines, mais aussi aux modifications que le lait sec a subi au cours de sa préparation.
La caséine y est très peu modifiée, les albumines ont bien été coagulées lorsque la température atteint 140°, comme dans certains procédés de fabrication, mais il n’y a pas ici de transformation sensible de la composition des corps protéiques si ce n’est, pour M. PORCHER, une altération du complexe colloïdal caséinate de chaux, phosphate de chaux.
Les graisses restantes sont plus divisées et plus accessibles aux sucs digestifs, les sucres parfois un peu modifiés.
La teneur du lait sec en protéines, sa maniabilité, lui donnent une utilisation pratique lorsqu'on veut réaliser une supplémentation des protéines végétales, incapables par elles-mêmes d’assurer une croissance parfaite. M. RiBApEAu-Dumas l’utilise dans la préparation de bouillies au soja ou au tournesol, comme nous le verrons plus loin. C’est lui qui apporte à ce corps d’origine végétale les acides aminés indispensables, dont ils manquent.
Conditions de l’emploi du lait sec.
La croissance est favorisee par le lait sec, mais à certaines conditions. L’inconvénient primordial de la préparation industrielle provient de ce que les vitamines A et C ont été le plus souvent altérées. La vitamine A, retirée au moment de l’écrémage, y est très peu abondante. La vitamine C a pu être oxydée, surtout dans le procédé du brouillard artificiel.
Pour que la croissance soit continue, il faut la favoriser par l’adjonction de vitamines. L'enfant doit recevoir de l’huile de foie de morue, dans les mêmes conditions que ceux qui reçoivent du babeurre. Il faut également veiller à ce que l’enfant soumis à ce régime reçoive une quantité d’eau suffisante. Une concentration trop élevée, sous prétexte de favoriser la croissance, peut déterminer une rétention protéique, une rétention d’eau donnant à la courbe pondérale un aspect trompeur, et aboutir, en dernière analyse, à une fièvre alimentaire. C’est pourquoi les régimes hyperprotéinés, comme ceux de MM. AVIRAGNET ou MÉRY auxquels nous avons fait allusion, peuvent présenter de tels inconvénients. Leur emploi doit être temporaire. L'administration aux nourrissons débiles où prématurés d’une quantité supplémentaire,
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même assez faible de protéines doit donc exiger une surveillance rigoureuse de l’état des téguments et de la température.
Nous ne parlerons pas ici des indications multiples du lait sec, renvoyant pour cela aux traités habituels en pédiâtrie.
Employé chez l’enfant normal, qu’il garantit surtout en été contre la menace de diarrhée consécutive à l’utilisation du lait ordinaire, il représente également un aliment complémentaire du lait de femme comme le babeurre, préférable à celui-ci lorsque les selles présentent une réaction trop acide. On le recommande également comme aliment de transition à la période de sevrage, dans les états de prématuration, dans la dyspepsie du lait de vache et dans l’intolérance à ce même lait.
Enfin, les gastro-entériques, les eczémateux, se trouvent bien de ce régime. Il représente en dernier lieu un aliment de digestion facile, et que l’on emploie favorablement dans la réalimentation progressive chez les convalescents de choléra infantile.