Emploi du Soja, associé à une autre protéine
Pour donner une croissance parfaite, il faut relever la teneur de cette source de protéines en acides aminés comme nous l’avons vu. M. RIBADEAU-DUMAS a réalisé dans ce but un mélange de farine de soja, représentant l’apport protéique de base, el de lait sec, représentant une augmentation en acides aminés, en graisses. De plus, comme dans le cas du soja employé pur, des vitamines et des hydrates de carbone ont été ajoutés. Une spécialité établie sur ces principes est utilisée couramment aujourd’hui.
Voici sa composition : Soja Soyolk, 24 ; Crème de riz, 24 ; Vitamine C, 0,003 ; Lait sec écrémé, 23 ; Sucre, 23 ; Malt, 4 ; Glycérophosphate de Ca, 0,65 ; Glycérophosphate de Mg, 0,35.
Cette préparation se donne au taux de 1 cuillerée à soupe pour 50 grammes d’eau, ce qui donne à l’aliment dilué, la composition suivante pour un litre
Graisse : 6,48.
Sucre US: 00!
Protides : 34,20 dont 20 grammes pour le sO]ja.
LCR: AUS
Le calcul théorique en acides aminés donne la composition suivante, comparativement aux laits courants
Soja + lait k sec Acides aminés Lait de femme Lait de vache dilué dilué pur EVSINERR 1,032 2,070 AL ZLIO0 0,710 Cystine 0,264 0,192 0,420 0,300 Histidine . .. 0,326 0,813 0,620 0,420 Tryptophane . 0,120 0,450 0,530 0,500
Les indications de ce mélange sont les mêmes que celles du soja pur.
On voit que ce mélange améliore sensiblement la teneur du soja simple en acides aminés, et que le rapport réciproque des principaux facteurs de croissance protéiques, se trouve rapproché de celui du lait de femme mais différent néanmoins, puisque lacystine, l’histidine, le tryptophane y sont plus abondants. Il est vrai que ce calcul théorique, basé sur les chiffres préétablis, multiplie les erreurs déjà importantes avec les méthodes colorimétriques de dosage. Il donne néanmoins une certaine indication.
Résultats.
D’après les observations du service de la Salpêtrière, la croissance n’est pas absolument parfaite, même lorsque la supplémentation est réalisée avec le lait sec. Après une période où le gain de l’enfant semble rapide, la courbe devient hésitante, et l’accroissement se réduit à quelques 5 ou 10 grammes dans la moyenne quotidienne.
Il n’en reste pas moins vrai que le soja constitue une source précieuse de protéines végétales.
Il permet la croissance dans une certaine mesure, mais sa valeur résulte de ses autres indications que nous n’avons pas à envisager ici. Elle réside dans les propriétés générales des albumines végétales au cours du travail de digestion protidique.
Ses indications sont la Dyspepsie du lait de vache, où il peut
succéder au babeurre ; dans l'intolérance au lait (idiosyncrasie, anaphylaxie au lait), où l’absence de sensibilisation de l'enfant
be" MES
vis-à-vis des protéines végétales, rend son emploi possible ; dans la dyspepsie des farineux, et dans les troubles digestifs secondaires (diarrhée).
Le soja entre également dans la diététique des eczémas infantiles, où les farineux ordinaires destinés à éviter l'emploi du lait sont œdématogènes (M. R. D. MATHIEU et M. LÉvy), et ne conviennent pas aux troubles humoraux et tissulaires.
Le soja suffit à arrêter la dermatose, ce que ne font pas toujours les protéines animales, mais il ne guérit pas l’eczéma.